Par son activité, l’homme agit sur son environnement et le modifie. Il pollue l’air, l’eau, le sol, il altère la biodiversité (la faune, la flore), il modifie le climat (notamment par l’émission de gaz à effet de serre), les paysages, l’environnement sonore, l’environnement olfactif, etc…
Par rétroaction, l’environnement que l’homme a modifié, agit sur l’humanité toute entière. Et pour exemples on peut citer entre autres : la pollution de l’air qui altère notre santé (l’augmentation de la probabilité de développer un cancer, troubles respiratoires, …), la déforestation, les grandes quantités de gaz à effet de serre qui sont émises dans l’atmosphère lors de l’extraction des ressources fossiles du sous-sol et de leur transformation en énergie (carburant, chauffage)
Tous ces éléments cités tous azimuts participent à la modification du climat, ce qui engendre notamment une augmentation des catastrophes naturelles et la montée du niveau des mers, la pollution des eaux présente un réel risque sanitaire pour les populations ne disposant pas de systèmes efficaces de traitement de l’eau.
En effet, il est extrait chaque année dans le monde, des combustibles fossiles de l’ordre de 8 milliards de tonnes, soit 3,5 milliards de tonnes de charbon, 3,1 milliards de tonnes de pétrole et 1,4 milliards de tonnes de gaz. Les impacts et les effets dévastateurs de ces productions sur l’environnement et la vie des hommes sont nombreux et à des degrés divers comme, la pollution des nappes phréatiques, des mers, de l’air, l’appauvrissement des terres et la modification du cycle des écosystèmes naturels.
Ignorance ou inconscience ?
De tout temps, l’homme a toujours utilisé l’énergie fossile pour assurer le développement et la floraison de ses activités. Si le prix de la production d’énergie à partir de ressources fossiles est très modeste comparé aux énergies renouvelables et que la grande connaissance scientifique des divers usages possibles des énergies fossiles (transport, chauffage, composés plastiques…) reconnue, les combustibles fossiles présentent des inconvénients irréversibles : le pétrole, le charbon et le gaz naturel sont des ressources non renouvelables, l’extraction et la transformation des énergies fossiles entraîne l’émission d’une grande quantité de gaz à effet de serre ; les ressources fossiles sont très inégalement réparties dans le monde. Elles sont donc une source de tensions et de conflits géopolitiques.
Le pape François, lors de l’encyclique du 18 juin 2015, soulignait que l’humanité devait remplacer les combustibles fossiles comme source d’énergie. Et s’affranchir des énergies fossiles en passant par la taxation du carbone et la fin des subventions aux hydrocarbures.
Tôt ou tard, l’humanité sera bien obligée de se passer des énergies fossiles. Au rythme de la consommation actuelle, les réserves mondiales de pétrole seront épuisées dans cinquante-deux ans, celles de gaz naturel dans cinquante-quatre ans et celles du charbon dans cent dix ans, selon une estimation du BP Statistical Review of World Energy. Mieux vaut de toute façon, pour la planète, que le sevrage intervienne le plus tôt possible.
Les combustibles fossiles assurent aujourd’hui 80 % de la production mondiale d’énergie primaire, ils sont aussi responsables de 80 % des émissions totales de CO2, ce qui fait d’eux le principal carburant du dérèglement climatique. Ces trois principales ressources énergétiques sont aujourd’hui le pétrole (35%), le charbon (25%) et le gaz (20%). Les 20% restants sont partagés entre le bois, le nucléaire, l’hydroélectricité et les énergies renouvelables. Sans un changement radical de modèle énergétique, le mal ne fera qu’empirer. Le recours accru aux énergies fossiles est incompatible avec le plafonnement de la hausse des températures sous la barre de 2 °C, par rapport à la période préindustrielle….
Intenses pressions de la société civile au Togo
Le Togo, un petit pays de l’Afrique de l’ouest, peu émetteur de gaz à effet de serre et petit contributeur à la crise climatique actuelle et ses voisins de la sous-région n’échappent pas à ce fléau.
A l’heure actuelle, il est difficile de s’en passer, surtout que les réserves sont encore énormes : 870 millions de tonnes de charbon se trouvent encore sous terre, soit une réserve de 115 ans si l’on prend en compte la consommation des Togolais, à l’heure actuelle assurée par les 2300 centrales à charbon disséminées dans le monde.
De plus, le charbon est extrêmement bon marché, permettant un accès à l’électricité pour la majeure partie de la population mondiale.
Au Togo, la société civile dépassée par la situation eu égard à ce lamentable et déplorable tableau apocalyptique ci-dessus peint, a commencé par secouer le gouvernement.
Des séances de formations à l’endroit des journalistes pour relai d’informations, des campagnes de sensibilisations sont régulièrement organisées par des ONGs appuyées par des partenaires techniques et financiers internationaux pour conscientiser les populations et secouer le gouvernement à agir et décourager les pratiques et surtout des projets lugubres de certaines entreprises et individus véreux pour perpétuer la pratique. Des tapages qui ont fini par avoir le dessus sur la réticence de l’Etat.
Et depuis un certain temps, les autorités togolaises ont commencé par prendre conscience de la situation et entreprennent des efforts pour limiter les dégâts grâce aux pressions accrues et incessantes des organisations de la société civile du pays.
« Réduire par tous les moyens l’usage des énergies fossiles, émettrices des gaz à effet de serre est une solution efficace contre les changements climatiques. Les combustibles fossiles étant des ressources d’émission de gaz à effet de serre, il est important de mettre en œuvre des initiatives sobres en carbone », a soutenu récemment un haut conseiller du ministre togolais de l’Environnement et des ressources forestière.
Selon ce dernier, une aggravation de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, une augmentation de la pauvreté monétaire et non monétaire et même des conséquences sur le plan agricole sont à craindre si les énergies fossiles continuent d’être utilisées.
Les Solutions
Que faire donc, face à ces risques potentiellement dangereux pour l’homme et pour la nature? L’une des solutions est le développement des énergies renouvelables.
Pour Didier Kokou Agbémadon, coordonnateur national de l’ITIE-Togo, nous disposons particulièrement en Afrique, d’énormes potentialités pour réussir cette transition vers les énergies renouvelables comme: l’hydroélectricité, l’énergie solaire thermique ou photovoltaïque, les bioénergies ou encore l’énergie éolienne.
A l’en croire, le gouvernement « s’est résolument engagé à faire de la transition énergétique le moyen le plus sûr pour lutter contre les changements climatiques. Le pays travaille sans relâche à remplacer progressivement la biomasse-énergie par les énergies renouvelables ».
Le pays a pris des mesures qui visent : d’abord la mise en place d’un cadre législatif, réglementaire et institutionnel permettant d’encourager la promotion des énergies renouvelables et l’accès des ménages aux énergies de substitution au bois-énergie à moindre coût. Par ailleurs, il est prévue la poursuite de l’exonération de taxes pour l’importation d’équipements liés aux énergies renouvelables (solaire, éolien, biogaz, etc.) de même que la construction de centrales solaires (5 MW) et la construction de centrale éolienne (12 MW).
Somme toute, grâce à une augmentation progressive du prix de l’énergie, la taxe doit inciter les ménages et les entreprises à se tourner vers des investissements écologiques leur permettant de baisser leur consommation d’énergie (voitures propres, travaux d’isolation dans la maison…).
Ekué Kodjo KOUDOHAH





