En Afrique de l’Ouest, l’exposition des femmes enceintes à des substances toxiques inquiète les experts de l’UNICEF

Lors d’un webinaire organisé par le Reseau des Medias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) et le bureau régional de l’UNICEF, un expert a alerté sur les effets dévastateurs de la pollution chimique sur les fœtus. Un enjeu sanitaire de plus en plus lié aux dérèglements environnementaux.

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Les substances toxiques auxquelles sont exposées les femmes enceintes en Afrique de l’Ouest et du Centre constituent une menace silencieuse, mais bien réelle, pour la santé des nouveau-nés. C’est l’alerte lancée par des experts de l’UNICEF lors d’un webinaire organisé jeudi 17 avril par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), en partenariat avec le Bureau régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

« Il existe de nombreuses mauvaises pratiques qu’il faut combattre, tant au niveau des prestataires de soins, des familles que de la communauté, afin de réduire les risques liés à la mortalité néonatale », a déclaré le Professeur Faye Moctar du Sénégal, vice- Président de l’Association néonatale africaine, insistant sur les conséquences encore peu documentées de l’exposition prénatale aux substances chimiques. « Nous ne sommes pas trop confrontés au syndrome lié à la consommation de substances chimiques, de drogues et d’alcool chez les mères — c’est exceptionnel — mais il peut tout de même y avoir des conséquences sur l’état du fœtus. Cela peut entraîner des malformations, parfois très graves », a t-il précisé.

Si les pratiques médicales inadaptées ou les automédications sont pointées du doigt, les experts de l’UNICEF n’ignorent pas la toile de fond environnementale sur laquelle se dessine cette crise sanitaire.

L’utilisation intensive de pesticides chimiques, les rejets industriels non contrôlés, l’exposition aux plastiques, solvants ou encore aux métaux lourds sont autant de facteurs qui augmentent le risque de complications à la naissance. Des pollutions invisibles, souvent ignorées dans les politiques publiques, mais qui compromettent durablement la santé reproductive.

Santé environnementale, un angle mort du développement

La santé maternelle et néonatale ne peut plus être pensée indépendamment de l’environnement. Alors que les pays de la région peinent à structurer des filières de gestion des déchets toxiques et à encadrer l’usage des produits chimiques dans l’agriculture ou les cosmétiques, les femmes enceintes deviennent les premières victimes d’une négligence systémique. À l’intérieur des foyers, des pratiques telles que la cuisson au feu de bois ou l’usage de produits ménagers non réglementés exposent également les fœtus à des substances dangereuses.

Face à cette réalité, les experts de l’UNICEF réunis ont appelé à une action coordonnée, allant de la formation des professionnels de santé à la sensibilisation des communautés, en passant par un renforcement du plaidoyer environnemental dans les politiques de santé publique.

L’intégration de la santé environnementale dans les stratégies nationales apparaît désormais comme une nécessité. Car derrière chaque naissance affectée par une malformation ou un trouble cognitif lié à l’environnement, c’est une chaîne de responsabilités collectives qui se dessine – et une urgence à réparer notre lien à un environnement plus sain pour les générations futures.

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