« Débloquer le financement du secteur privé pour l’adaptation en Afrique : Stratégies pratiques d’engagement et de mobilisation », c’est le thème autour duquel a été organisé une session par la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) ce samedi 16 novembre 2024 à Bakou (Azerbaidjan) en marge de la COP29.
Ce rendez-vous qui a réuni des experts internationaux, des représentants du secteur privé, et des décideurs politiques a été un creuset pour réfléchir aux solutions concrètes permettant de catalyser des investissements en faveur de l’adaptation climatique. Lors de ce panel, Éric Amoussou, responsable de la supervision des projets climat à la BOAD, a souligné l’importance de renforcer l’engagement du secteur privé dans la lutte contre le changement climatique.
« le financement du secteur privé, notamment dans l’adaptation, repose sur des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, les infrastructures ou encore l’immobilier, qui jouent un rôle crucial pour bâtir la résilience climatique de nos communautés. »
Il a également expliqué le processus de financement au sein de la BOAD, insistant sur le fait que l’analyse des projets ne se limite pas à leur rentabilité financière. « Nous mettons un accent particulier sur des critères comme la contribution à la résilience climatique, l’impact sur les bénéficiaires et la viabilité économique à long terme. Ces aspects sont essentiels pour garantir que chaque projet financé contribue réellement à renforcer l’adaptation au changement climatique », a-t-il ajouté.
La stratégie « Djoliba », mise en œuvre par la BOAD depuis 2020, a été présentée comme un modèle d’innovation dans le financement climatique.
Le superviseur des projets climat a détaillé les étapes essentielles pour les porteurs de projets privés : « Tout commence par une étude approfondie du projet, suivie d’un dialogue avec le promoteur pour définir les modalités de financement adaptées. Ce processus garantit que chaque financement est aligné sur les besoins du projet et les priorités de la banque »
Aussi a t-il insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour débloquer davantage de financements. « Pour engager durablement le secteur privé, il faut développer des outils financiers innovants, réduire les risques et promouvoir des partenariats stratégiques entre les institutions publiques et privées. C’est ainsi que nous pourrons transformer les défis climatiques en opportunités de développement durable pour l’Afrique »
Isaac Otolo directeur associé des services de transaction au sein de PwC Kenya également panéliste a touché du doigt l’importance de la stabilité sociopolitique et de la compréhension du contexte dans les pays africains pour attirer les investissements privés.
Il a noté que, bien que les projets d’adaptation au climat diffèrent par leur nature des projets traditionnels du secteur privé, il existe des opportunités substantielles pour les entités privées de tirer parti du nombre croissant de projets d’adaptation. Il a souligné l’importance d’encourager une approche africaine, d’introduire la dignité dans les objectifs des projets et d’atténuer les risques perçus comme étant associés aux marchés africains.
Cette intervention, riche en perspectives, s’inscrit dans l’objectif global de la BOAD de renforcer la résilience des économies africaines face aux effets du changement climatique.





