COP30 : ça coince dans les négociations à Belém

La troisième journée de la 30ᵉ Conférence des Parties (COP30) a confirmé la complexité des négociations climatiques mondiales. Alors que les discussions s’intensifient autour du financement climatique, de l’adaptation et de la transition juste, les divisions entre pays développés et pays en développement se creusent. En toile de fond, un incident inédit a secoué le sommet : des manifestants ont pénétré de force dans la zone bleue du site de la COP, provoquant des tensions avec la sécurité onusienne.

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Sous la présidence du diplomate brésilien André Corrêa do Lago, les délégués ont poursuivi leurs échanges sur des dossiers clés : le rapport de synthèse des contributions nationales (NDCs), la transparence des financements, et la mise en œuvre de l’article 9.1 de l’Accord de Paris, qui engage les pays développés à soutenir financièrement leurs homologues du Sud.

Malgré un ton plus conciliant, les fractures demeurent profondes. « Nous sommes dans un esprit de Mutirão, un effort collectif pour comprendre les perspectives de chacun », a souligné la présidence brésilienne, annonçant la prolongation des consultations jusqu’au 15 novembre.

Le financement climatique au cœur des divergences

Le Comité permanent sur le financement (SCF) a été au centre des discussions, notamment sur le Nouvel Objectif collectif quantifié (NCQG) censé succéder à la promesse des 100 milliards de dollars annuels.

Les pays africains ont dénoncé les retards et le manque d’engagement des pays riches. Le Groupe arabe et les Pays en développement partageant les mêmes vues (LMDCs) ont reproché au dernier rapport du SCF d’accorder trop de place à l’atténuation, au détriment de l’adaptation.

Les petits États insulaires (AOSIS) ont, eux, appelé à une reconnaissance mutuelle des fonds existants pour simplifier l’accès aux ressources.

Le G77 et la Chine ont aussi exprimé leur méfiance face à une interprétation jugée “occidentale” de l’article 2.1c sur l’alignement des flux financiers. Ils refusent une approche uniforme et appellent à des trajectoires différenciées selon les réalités économiques et sociales de chaque région.

 Adaptation et transition juste 

Sur le front de l’adaptation, les débats sur l’Objectif mondial d’adaptation (GGA) ont révélé un manque de consensus, notamment sur les indicateurs à adopter. Les pays du Sud réclament plus de financements publics et une reconnaissance des besoins spécifiques des nations vulnérables, tandis que certains pays du Nord jugent les propositions “trop ambitieuses”.

Dans le Programme de travail sur la transition juste, la fracture Nord-Sud s’est de nouveau manifestée. L’Union européenne, l’AOSIS et plusieurs pays d’Amérique latine militent pour l’accélération des énergies renouvelables et la suppression des subventions aux énergies fossiles.

À l’inverse, le Groupe africain et les LMDCs insistent sur la sécurité énergétique, la cuisson propre, et le droit au développement.

Les organisations de jeunesse (YOUNGO) et les représentants autochtones ont rappelé la nécessité d’intégrer les droits du travail, la protection sociale et le consentement libre et éclairé des peuples autochtones dans toute stratégie de transition.

Entre espoir et impatience

Alors que la COP30 entre dans une phase décisive, la présidence brésilienne tente de maintenir un équilibre fragile entre diplomatie et ambition. Les consultations prolongées visent à redonner de l’élan aux négociations, mais les positions restent éloignées.

« La planète n’attendra pas que nous trouvions le bon compromis », a déclaré une déléguée africaine. Entre urgence climatique, souverainetés nationales et tensions financières, la COP30 illustre plus que jamais le défi colossal d’une action climatique véritablement universelle.

Par Hector NAMMANGUE depuis Belém (Brésil) pour Vert-Togo

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