COP29 à Bakou : entre avancées et blocages, les défis de l’action climatique globale

La 29e Conférence des Parties (COP29), organisée à Bakou à Azerbaïdjan , met une fois de plus en lumière les défis liés à l’action climatique mondiale. Centrée sur la question cruciale du financement climatique, cette édition devait permettre de débloquer des engagements ambitieux, notamment pour les pays les plus vulnérables. Cependant, les premiers jours ont laissé un goût d’inachevé.

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Kossivi Adessou, expert en gestion des risques et catastrophes, ainsi que coordonnateur Afrique de la Global Network of Civil Society Organisations for Disaster Reduction (GNDR), a bien voulu partager son analyse des avancées et des blocages observés à Vert-Togo.

Selon Adessou, cette COP « reste un espace de confrontation des idées et des positions visant à stabiliser la température mondiale », mais les négociations financières se heurtent à des obstacles politiques et diplomatiques.

« La diplomatie de l’argent, très sensible et complexe, domine les discussions. Bien que des discours encourageants aient été tenus, les actions concrètes tardent à suivre », explique-t-il.

La lenteur des négociations sur les nouveaux objectifs collectifs mondiaux (NCQG), qui doivent redéfinir les engagements climatiques pour la prochaine décennie, en est un exemple frappant.

Des avancées sur les pertes et dommages

Vue d’ensemble (gauche) Adessou Kossivi et Carolina Fuentes (droite) réseau santiago

Malgré ce contexte tendu, des progrès notables ont été enregistrés sur le dossier des pertes et dommages. L’opérationnalisation du Santiago Network, avec la nomination de Carolina Fuentes à sa tête et la création d’un conseil d’administration, marque une étape clé. « C’est une victoire partielle pour les pays vulnérables, mais le chemin reste long », commente le négociateur Africain.

Ajoutant « La Banque mondiale a accepté d’héberger le fonds dédié, tandis que son directeur, Ibrahima Cheikh Diong, a été désigné, accompagné de son équipe. »

Toutefois, ces avancées sont freinées par des querelles diplomatiques, notamment sur la localisation du secrétariat du Santiago Network. « Cette question, portée par le groupe Afrique, est légitime, mais elle risque de retarder l’appui technique tant attendu par les pays en développement », déplore Adessou.

L’urgence d’un financement adapté

Pour Kossivi Adessou, il est crucial de recentrer les discussions sur les besoins des populations les plus exposées aux impacts climatiques. « Les pays du Sud, responsables de moins de 4 % des émissions globales, subissent de plein fouet les affres du changement climatique. Ils ont besoin de financements adaptés pour renforcer leur résilience », insiste-t-il.  Des secteurs comme l’agriculture et les infrastructures, essentiels pour l’adaptation, doivent bénéficier d’un soutien accru.

Alors que la deuxième semaine de la COP29 débute, l’espoir reste permis. « Les négociations sont complexes, mais elles ont déjà démontré leur capacité à produire des avancées inattendues dans le passé », conclut Adessou.

Il appelle à une accélération des discussions et à un compromis pour surmonter les blocages actuels.

Cette COP, qualifiée par certains de « COP des finances », est attendue sur des engagements concrets et ambitieux. Mais pour que ces derniers se traduisent en actions tangibles, la volonté politique devra primer sur les querelles diplomatiques.

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