COP28/Accord sur le Fonds pour les pertes et préjudices : Célébrer la réussite sur deux plans selon Kossi ADESSOU

Les délégués réunis à Dubaï ont finalisé jeudi la mise en œuvre d’un fonds qui aiderait à indemniser les pays vulnérables qui luttent pour faire face aux pertes et aux préjudices causés par le changement climatique, une avancée majeure au premier jour de la Conférence des Nations Unies sur le climat de cette année.

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Kossi ADESSOU, négociateur togolais affirme que les décideurs politiques ont pu surpasser les égos individuels pour adopter ce Fonds.

Entre deux sessions, Vert-Togo a discuté à bâtons rompus avec le négociateur africain sur les motivations de sa participation et ses attentes de l’opérationnalisation du Fonds Pertes et Préjudice. C’est ainsi qu’il prend une part active aux travaux de la 28e Conférence des Parties sur les Changements Climatiques qui se déroulent actuellement à Dubaï.

« Je pense qu’ici au premier jour de la COP, le 30 novembre, les pays réunis, les décideurs politiques ont pu surpasser les égaux individuels pour adopter, ainsi ce fonds qui a été lancé depuis Sharm El sheikh en Egypte. Il faut célébrer l’affaire sur deux plans. Le premier plan, c’est que oui, on s’attendait à ce que les débats soient houleux, afin que ce fonds soit adopté. Heureusement, ça n’a pas été le cas. Dès le premier jour, on a pu noter un engagement clair des États, ce qui est très louable, salutaire et ce qui doit être encouragé. », nous a-t-il confié d’entrée.

COP28 : Le texte de mise en œuvre du Fonds sur les pertes et dommages adopté ce jeudi

Cependant, certains États ont malheureusement déçu ce plan, lance-t-il. « Des États, en l’occurrence les États-Unis d’Amérique, qui ont manifesté un intérêt très limité, sinon juste pour ne pas être hors plaque, en apportant 17,5 millions de dollars à ces ressources. On attendait mieux pour la plus forte économie mondiale. Puis, le pays qui a la plus grande influence au niveau international. Donc, voilà les deux angles sur lesquels il faut apprécier cet engagement. Néanmoins, il faut saluer le fait que finalement, on y est. », affirme-t-il.

A la question de savoir les contours de ce Fonds pour les pertes et préjudices, il répond « Les critères ne sont pas encore entièrement définis puisque, rappelez-vous, il a été admis que la Banque mondiale va héberger les fonds, alors que le secrétariat du réseau de Santiago, qui doit être le secrétariat qui va travailler avec les États, pour matérialiser le fonds, sera hébergé finalement par UNDRR et UNOPS, ce qui est une bonne nouvelle. Donc, c’est à ces institutions de travailler avec les États à définir les critères. Et les partis doivent valider ces critères-là. C’est une fois ces critères validés que les États qui répondent à ces critères vont commencer par soumettre leurs projets, les attentes. Le secrétariat a un rôle d’assistance technique. Donc, une fois que les contours de l’assistance technique seront définis, il reviendra à ces États-là d’aller vers la Banque mondiale pour solliciter les fonds nécessaires pour la mise en œuvre de cette assistance. »

Selon Kossivi ADESSOU, les COP ne sont pas des espaces inutiles.

« Les COP ont toujours été utiles dans le sens où elles permettent aux parties de venir, de s’asseoir, de discuter, de partager aussi les difficultés. Et une fois encore, je crois qu’il y a eu, à l’instant, des grandes avancées celles dont nous venons de parler. Mais au-delà de ces avancées aussi, il y a des enjeux. Vous savez, par exemple, que les États-Unis viennent d’annoncer, même s’ils n’ont pas apporté beaucoup de fonds au niveau des pertes et d’hommages, ils ont annoncé qu’ils relèvent leurs contributions des fonds vers ce qui est une bonne avancée. »

Et poursuit-il « Il faut dire qu’il y a une question sensible qui n’est pas encore suffisamment abordée, et j’espère que les jours à venir vont nous permettre de véritablement les aborder. C’est la question de l’atténuation. Parce que le problème se fonde exactement là. Quand on n’aura pas montré notre avancée, notre engagement sérieux, fort, sur les questions d’adaptation, tant qu’on n’aura pas mis les ressources nécessaires, et on n’aura pas défini les actions nécessaires pour affecter l’émission de gaz, naturellement, tout le contenu ne sera que futilité. Parce que, figurez-vous, c’est l’émission de gaz à effet de serre qui contribue à l’élévation de la température. Donc, tant qu’on aura réussi à trouver les mécanismes nécessaires, les stratégies nécessaires, les approches nécessaires pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, on n’aura véritablement commencé par toucher le réel problème du changement climatique. Et, sur ce plan, beaucoup de choses restent encore à faire. »

Hector NAMMANGUE depuis Dubaï pour Vert-Togo

 

 

 

 

 

 

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