Cadre mondial sur la biodiversité : S’assurer que chacun fasse « 30×30 », ce n’est pas ça le but selon Basile Van Havre

L’objectif « 30×30 », qui consiste à convertir 30 % de la planète en zones protégées à l’horizon 2030 a été débattu lors du Sommet sur la biodiversité le 30 septembre dernier. Mais malgré la justesse de cette ambition, sa mise en œuvre doit se faire au cas par cas selon le co-président du Groupe de travail sur l’adoption du cadre mondial de la biodiversité, Basile Van Havre.

vert-togo2
vert-togo

Lors d’un webinaire organisé par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) en collaboration avec l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), mercredi 17 mai, Basile Van Havre est revenu sur l’incidence dévastatrice que pourrait avoir le « 30×30» chez les populations africaines et les pays de l’Europe de l’Ouest.

A en croire celui qui gère le processus de négociation du cadre mondial de la biodiversité, l’objectif « 30×30 », fait partie d’une stratégie visant à assurer la durabilité de la vie de toutes les espèces de la Terre, et notamment l’espèce humaine.

Co-président du Groupe de travail sur l’adoption du cadre mondial de la biodiversité, Basile Van Haye

Cependant, explique -t-il, la capacité de chaque pays à participer à cet objectif global n’est pas évidente.« Le Canada a une capacité relativement grande et beaucoup d’espace vierge pour donner son accord sur cette stratégie. Par contre, de nombreux pays de l’Europe de l’ouest ont des capacités beaucoup plus limitées à le faire.»

Avant de poursuivre : « Dans le cadre d’un développement socio-économique légitime, de nombreux pays du continent africain vont faire face à des défis face à l’adéquation de la croissance de la population, leurs besoins ainsi que leur protection. Il se n’agit pas de coller le même moule à tout le monde. S’assurer que chacun fasse 30×30 ce n’est pas ça le but. »

Moins d’effets de pesticides et plus d’aires protégées

Dans sa présentation aux journalistes membres du REMAPSEN, Basile Van Havre n’a pas manqué d’évoquer le projet d’accord à la cible 7 qui vise à réduire l’usage de pesticides de deux tiers d’ici à 2030. Selon lui, la pollution devrait faire preuve de beaucoup plus de négociation.

« Il ne s’agit pas de diminuer uniquement la production ou l’utilisation d’engrais chimiques mais d’essayer de réduire son effet, son impact négatif. Il doit y avoir une augmentation de l’usage mais si elle est faite de manière contrôlée, cela peut être beaucoup plus bénéfique. »,affirme t-il.

« Dans ces négociations, tous les États doivent être d’accord pour que le texte soit adopté. Il est aussi question d’éliminer les rejets de plastique dans les écosystèmes. », a-t-il précisé.

Il faut noter que ce nouveau cadre mondial pour la biodiversité est en discussion depuis trois ans. C’est un accord politique très important, l’équivalent pour la biodiversité de l’Accord de Paris sur le climat.

- Publicité -spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

lire la suite

Articles récents