La finance verte s’impose progressivement comme l’un des leviers majeurs du développement durable sur le continent africain. Invité par nos confrères de la chaîne 3TV au Burkina Faso, Ibrahim Papy Traoré, responsable du développement durable des projets climat à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et secrétaire exécutif du Fonds d’études climat de l’institution, a apporté un éclairage approfondi sur les enjeux, les mécanismes et les perspectives de la finance climatique en Afrique.
Au cours de cet entretien, l’expert de la BOAD a expliqué les défis liés à l’accès aux financements climatiques, mais aussi les solutions mises en place pour accompagner les États et les porteurs de projets dans la structuration d’investissements durables.
Contrairement aux idées reçues, la finance verte n’est pas réservée aux États. « La société civile, les ONG, les associations, les promoteurs privés et les États : tout le monde peut en bénéficier », souligne Ibrahim Papy Traoré. Les États structurent les politiques publiques, le privé investit et la société civile accompagne la mise en œuvre des projets sur le terrain.
Selon lui, les financements verts proviennent de trois sources principales : les institutions multilatérales (avec exigences de gouvernance et transparence), les banques de développement et ressources propres des États, et enfin les marchés financiers via des instruments comme les obligations vertes. Des acteurs internationaux tels que la Banque africaine de développement et la Banque mondiale jouent un rôle majeur dans la mobilisation de ces fonds.
Mais pour Ibrahim Papy Traoré, le vrai défi n’est plus la disponibilité des capitaux. « La ressource n’est plus le problème. L’argent est là, mais il faut des projets bancables », insiste-t-il. Autrement dit, les projets doivent être structurés, techniquement solides et financièrement viables.
Pour répondre à ce besoin, la BOAD a créé un Fonds d’études climat, accompagnant les porteurs d’idées dès leur genèse, via l’approche d’origination de projets : « Quand vous avez une idée, la Banque vous aide à la transformer en projet solide », explique l’expert. Les équipes de la BOAD travaillent avec les porteurs de projets pour définir les objectifs, identifier les obstacles et structurer les financements nécessaires.
La BOAD collabore également avec les États africains pour structurer des programmes climatiques. Un exemple concret : un programme signé avec le ministère de l’Économie et des Finances du Burkina Faso pour soutenir le développement de projets climatiques locaux. « Le développement est complexe, mais la complexité ne veut pas dire que c’est impossible », conclut Ibrahim Papy Traoré. Face aux défis climatiques en Afrique, la finance verte représente un levier clé pour bâtir des économies résilientes et durables sur le continent.
Par Hector NAMMANGUE





