Le changement climatique fragilise de plus en plus les systèmes pastoraux en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Entre sécheresses prolongées, épisodes de pluies extrêmes, dégradation des terres et raréfaction des ressources naturelles, les éleveurs doivent naviguer dans des conditions de production de plus en plus difficiles. Ces bouleversements affectent à la fois la santé animale, la disponibilité des pâturages et la productivité des élevages.
En marge du lancement officiel du Programme régional d’appui au développement de l’élevage dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel (PRADEP-AOS) le 9 juillet 2026 à Lomé, Sylvain Nagiba Ouedraogo, Directeur exécutif adjoint du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), a évoqué les principales menaces que le changement climatique fait peser sur les systèmes pastoraux dans la région.
Selon lui, les effets du changement climatique ne se limitent pas à la diminution des ressources alimentaires pour le bétail. Ils touchent également la santé animale, avec l’apparition ou l’augmentation des risques liés aux maladies.
« Le changement climatique impacte la santé animale, avec notamment le développement des agents vecteurs responsables de maladies zoonotiques », explique-t-il.
Au-delà des risques sanitaires, les dérèglements climatiques exercent une pression croissante sur les ressources naturelles dont dépend le pastoralisme. La disponibilité du fourrage, essentielle à l’alimentation des animaux, devient de plus en plus incertaine dans plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.
Les périodes prolongées de sécheresse réduisent la production de biomasse et limitent les espaces de pâturage. À l’inverse, les épisodes de fortes précipitations peuvent également accélérer la dégradation des terres, ce qui compromet la capacité des écosystèmes à soutenir durablement l’élevage.
« Pour que les animaux puissent s’alimenter, il faut du pâturage. Si nous avons la sécheresse, il n’y aura plus d’herbe, il n’y aura plus de fourrage. À l’inverse, les fortes précipitations peuvent également provoquer la dégradation des terres, un aspect souvent négligé. Or, lorsque les terres se dégradent, les zones où poussait l’herbe disparaissent », souligne Sylvain Nagiba Ouedraogo.
Cela fragilise particulièrement les systèmes pastoraux traditionnels, largement dépendants des ressources naturelles disponibles. La réduction des pâturages peut également accentuer les tensions autour de l’accès aux ressources entre communautés d’éleveurs et d’agriculteurs.
La nécessité de préserver des animaux adaptés au climat
Face à ces changements, il devient plus que jamais important d’adapter les systèmes d’élevage. Pour le Directeur exécutif Adjoint du CILSS, cette adaptation passe notamment par l’identification et la préservation de races animales capables de supporter les nouvelles contraintes climatiques.
« Il nous faut des races adaptées. Par le passé, certaines zones avaient été identifiées pour favoriser le développement de certaines races. Mais aujourd’hui, avec les pics de chaleur que nous connaissons, il faut se demander si elles resteront productives et capables de supporter ces nouvelles conditions. Toute la réflexion porte désormais sur le matériel génétique à préserver afin d’assurer à la fois la productivité de l’élevage et l’adaptation des animaux aux réalités climatiques de demain », indique-t-il.
Le défi ne consiste donc plus seulement à maintenir la production animale, mais à construire des systèmes d’élevage capables de s’adapter durablement aux nouvelles réalités environnementales pour assurer l’avenir du pastoralisme en Afrique de l’Ouest et au Sahel.





