Le Togo a officiellement donné le coup d’envoi de l’Année internationale des agricultrices vendredi dernier à Lomé. Placée sous le thème « Femmes autonomisées, actrices de la transformation des systèmes agroalimentaires », cette célébration marque une nouvelle étape dans les efforts visant à renforcer la place des femmes dans le développement agricole et la souveraineté alimentaire.
La cérémonie a réuni plusieurs acteurs institutionnels et partenaires techniques, notamment le Directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, Konlani Dindiogue, représentant le ministre, des représentants du Système des Nations Unies, de la FAO, de la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP), ainsi que du ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la Femme. Des femmes productrices issues des cinq régions du pays ont également pris part à cette rencontre.
Les femmes, un pilier de l’agriculture togolaise
Au Togo, les femmes occupent une place centrale dans les systèmes agroalimentaires. Productrices de cultures vivrières, maraîchères, éleveuses, transformatrices ou commerçantes, elles interviennent à toutes les étapes de la chaîne de valeur agricole. Pourtant, malgré leur contribution essentielle à la sécurité alimentaire et à l’économie rurale, elles continuent de faire face à des contraintes liées notamment à l’accès au foncier, au financement, aux équipements et aux services de conseil.

Pour le gouvernement, lever ces obstacles constitue un levier stratégique pour accélérer la transformation du secteur agricole. « Investir dans les femmes agricultrices n’est pas seulement une exigence de justice sociale, c’est aussi un levier incontournable pour accélérer le développement du secteur agricole et transformer durablement nos systèmes agroalimentaires », a déclaré Konlani Dindiogue à l’ouverture de la cérémonie.
Des réformes pour renforcer l’inclusion économique
Les autorités togolaises poursuivent plusieurs réformes destinées à améliorer l’accès des femmes aux ressources productives. Dans les Zones d’Aménagement Agricole Planifiées (ZAAP), des mécanismes facilitent l’accès au foncier, aux intrants, aux équipements agricoles et aux services d’accompagnement, avec pour objectif qu’au moins 40 % des bénéficiaires soient des femmes.
Cette dynamique est également soutenue par plusieurs projets structurants, notamment le Programme de résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest (FSRP), le ProMIFA et le PRIMA-Togo, qui visent à améliorer l’accès des agricultrices aux financements, aux innovations agricoles et aux marchés.
Une reconnaissance internationale, mais des défis persistants
Les progrès réalisés par le Togo en matière d’égalité de genre sont également salués à l’échelle internationale. Selon le rapport Women, Business and the Law 2024 de la Banque mondiale, le pays occupe la première place en Afrique et la 19ᵉ au niveau mondial en matière de réformes favorisant l’égalité juridique entre les femmes et les hommes.
Le Chargé du bureau de la FAO au Togo, Oyétoundé Djiwa, a rappelé que les femmes représentent près de 40 % de la main-d’œuvre agricole mondiale, tout en étant encore confrontées à des inégalités d’accès au foncier, au crédit, aux intrants, aux technologies agricoles et aux services de vulgarisation.
« Les inégalités auxquelles sont confrontées les agricultrices peuvent être réduites grâce à des politiques publiques ambitieuses, des investissements ciblés et une participation effective des femmes aux instances de décision. L’Année internationale des agricultrices doit nous permettre de passer de la reconnaissance à l’action », a-t-il souligné.
Faire de l’inclusion un moteur de la transformation agricole
À travers cette célébration, le gouvernement togolais et ses partenaires entendent placer les femmes rurales au cœur des politiques agricoles. Pour le Système des Nations Unies, cette Année internationale doit dépasser le cadre symbolique et déboucher sur des actions concrètes permettant de réduire durablement les inégalités qui limitent le potentiel des agricultrices.
Au-delà de la reconnaissance de leur rôle, l’ambition est de bâtir des systèmes agroalimentaires plus inclusifs, plus résilients et plus performants, où les femmes disposent des mêmes opportunités d’accès aux ressources, aux financements et aux instances de décision.





