Inclure les personnes en situation d’handicap dans le développement agricole

Dans le cadre du projet (Renforcement de la Résilience au Changement Climatique des Communautés Côtières du Togo) R4C-TOGO, la question de l’inclusion des personnes en situation de handicap occupe une place centrale dans les interventions de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture au Togo (FAO)-Togo. Pour mieux comprendre cet engagement, Vert-Togo a interrogé le chargé du Bureau de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Togo, Dr Djiwa Oyetounde, qui revient sur les motivations et les actions concrètes menées sur le terrain.

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Au niveau mondial, environ 1 personne sur 6 vit avec un handicap. Pour le Dr Djiwa, cette réalité ne doit pas être perçue uniquement sous l’angle de la limitation, mais dans une perspective plus large et humaine.

« La notion de handicap est relative. Nous pouvons tous nous retrouver en situation de handicap selon le contexte. Par exemple, si vous ne comprenez pas une langue, vous êtes automatiquement en situation de dépendance », explique-t-il.

C’est dans cette logique que la FAO adopte une approche inclusive, considérant les personnes handicapées comme des acteurs à part entière du système agroalimentaire : agriculteurs, éleveurs, pêcheurs ou encore innovateurs.

Une inclusion pensée comme une obligation stratégique

Pour le Dr Djiwa, l’inclusion des personnes handicapées dans l’agriculture n’est pas une option, mais une nécessité stratégique. « L’inclusion des personnes handicapées dans l’agriculture est une obligation stratégique pour la FAO afin de ne laisser personne de côté et lutter efficacement contre la faim. Nous organisons des ateliers pour renforcer leurs capacités, mieux comprendre leurs besoins spécifiques et adapter nos interventions, notamment en matière de mécanisation agricole. Nous intégrons déjà ces personnes dans nos distributions et projets, et nous comptons poursuivre et améliorer cette démarche pour plus d’impact et de justice », souligne-t-il.

“Ne laisser personne de côté” : un principe central

« Nous parlons d’un système agroalimentaire inclusif. Cela signifie que personne ne doit être laissé de côté. Si nous voulons atteindre un monde libéré de la faim, tout le monde doit contribuer », affirme-t-il. L’atelier organisé dans le cadre du projet R4C-TOGO s’inscrit dans cette dynamique. Il vise spécifiquement les personnes en situation de handicap déjà actives dans les secteurs agricoles et ruraux afin de renforcer leurs capacités et améliorer leur productivité.

Le Dr Djiwa reconnaît toutefois les défis liés à la mise en œuvre de cette inclusion. « Cela demande une logistique adaptée, notamment des interprètes en langue des signes et des dispositifs accessibles. Mais nous sommes convaincus que ces efforts sont essentiels pour garantir la dignité et la justice humaine », souligne-t-il.

Ces ateliers permettent également aux équipes techniques de mieux comprendre les besoins spécifiques des bénéficiaires et d’adapter les futures interventions.

L’inclusion passe aussi par une réflexion sur les équipements agricoles eux-mêmes. « Lorsque nous promouvons la mécanisation, nous devons nous demander si les machines sont réellement utilisables par tous », explique le Dr Djiwa.

Il donne l’exemple d’adaptations simples mais essentielles, comme des équipements facilitant l’usage par des personnes à mobilité réduite.

Au-delà des ateliers, la FAO accompagne déjà plusieurs bénéficiaires dans leurs activités agricoles à travers la distribution de semences et d’engrais.

Le Dr Djiwa cite notamment le cas d’un agriculteur aveugle accompagné depuis l’année dernière, dont les résultats sont encourageants.  « Ce n’est pas un cas isolé. Partout sur le terrain, nous intégrons ces personnes au même titre que les autres bénéficiaires. Et nous sommes fiers des changements observés », conclut-il.

À travers le projet R4C-TOGO, la FAO et ses partenaires réaffirment leur volonté de construire un système agroalimentaire plus équitable, où chaque individu, quelles que soient ses capacités, peut contribuer à la lutte contre la faim.

L’intervention du Dr Djiwa met ainsi en lumière une conviction forte : l’inclusion n’est pas une faveur, mais un levier essentiel du développement durable et de la résilience des systèmes agricoles.

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