Alors que le Forum mondial “Degrees” s’est récemment tenu en Afrique du Sud, la société civile africaine exprime une indignation profonde face à ce qu’elle considère comme une tentative flagrante de recolonisation climatique du continent. Dénonçant la promotion de la gestion du rayonnement solaire (SRM), technologie de géo-ingénierie à haut risque, les organisations africaines tirent la sonnette d’alarme : ce forum constitue une menace pour la souveraineté, l’environnement et l’avenir même des peuples africains.
Sous couvert de science et d’innovation, ce rendez-vous mondial dissimule une stratégie perverse : utiliser l’Afrique comme terrain d’expérimentation pour des technologies jamais testées à grande échelle, conçues pour modifier l’atmosphère terrestre en bloquant les rayons du soleil. Une idée aussi hasardeuse que dangereuse, à l’opposé des priorités africaines en matière de climat : adaptation communautaire, agroécologie, justice énergétique et savoirs endogènes.
Le Dr Mfoniso Xael de la Fondation Santé de la Terre Mère dénonce une trahison du consensus africain : « La tenue de ce forum sur le continent va à l’encontre de la position claire adoptée par les ministres africains de l’environnement en 2023. Cela compromet les efforts de protection de l’Afrique et de ses populations. »
La CMAE, lors de sa 19e session, avait explicitement rejeté la SRM, appelant à un mécanisme mondial de non-utilisation de la géo-ingénierie. Malgré cette position souveraine, les promoteurs du Forum Degrees avancent masqués, en contradiction flagrante avec la volonté politique des États africains.
Kwami Kpondzo du Centre pour la Justice Environnementale au Togo est sans détour : « Le continent africain n’est pas un cobaye. Libérez-nous de vos idées absurdes. C’est une distraction dangereuse face aux véritables solutions. »
Les voix s’élèvent de tout le continent. Dean Bhekumuzi Bhebhe (Power Shift Africa) dénonce un discours technocratique qui tente de « pulvériser le ciel » au lieu d’affronter le vrai problème : la dépendance persistante aux énergies fossiles. Gideon Akoto (Amis de la Terre, Ghana) souligne que ces fausses solutions perpétuent les inégalités tout en sapant la souveraineté alimentaire et les écosystèmes.
Les arguments sont sans appel : cette géo-ingénierie, loin d’être une solution climatique, est une fuite en avant. Comme le rappelle Kenneth Nana Amoateng (Fondation AbibiNsroma), « elle menace nos océans, notre biodiversité, notre médecine traditionnelle. »
La société civile africaine appelle à une rupture claire : refuser la manipulation technologique du climat et investir dans les solutions réellement durables. Pour Josué Aruna (CBCS-Network, RDC), « celui qui aime l’Afrique doit investir dans les énergies renouvelables, l’agroécologie et la restauration des paysages. »
Face à la crise climatique, l’Afrique ne manque pas de solutions : elle manque de soutien équitable pour les mettre en œuvre. Ce dont elle a besoin, ce n’est pas d’un « réglage du thermostat planétaire », mais d’un respect profond de sa souveraineté, de ses savoirs, et de ses choix de développement durable.
L’Afrique n’est pas un terrain d’essai. C’est un continent de résistance, de solutions, et de dignité. Degrees, rentrez chez vous.





