Affirmation vraie ou douteuse, c’est du moins ce que Sylvia Kuria, une agricultrice biologique kényane, a confié à Vert-Togo ce vendredi 8 septembre, dernier jour de la Semaine africaine du climat, tenue à Nairobi.
Selon l’agricultrice, pour produire des aliments contenant plus de nutriments sains, moins d’additifs alimentaires et sans pesticides nocifs, rien d’autre ne sauvera la planète à part l’agroécologie.
« Je pense que nous parlons des mêmes problèmes depuis trop longtemps maintenant et que nous devons nous concentrer sur les solutions. Et à mon humble avis, la seule solution ou la seule issue, c’est l’agroécologie. Rien d’autre ne sauvera la planète. Rien d’autre ne nous donnera assez de nourriture. Rien. », lance-t-elle avec assurance.
Pour Sylvia Kuria, il est important de mettre l’accent sur la durabilité. « J’ai l’impression que l’agroécologie n’est pas encore entendue. Nous comprenons qu’elle a besoin d’être beaucoup plus promue. Mais déjà, rendons nos productions agricoles durables. C’est souvent, cet aspect de durabilité qui est oublié.»
Quant à la question de savoir ce qui définit cet aspect durable de l’agriculture, elle répond « Pour moi, l’aspect de la durabilité est la réduction complète des intrants synthétiques, car les problèmes que nous connaissons aujourd’hui sont dûs aux intrants synthétiques. Nous devons donc les réduire. »
Associer les femmes et les jeunes à la durabilité
L’agricultrice biologique et également cheffe d’entreprise ne passe pas sous silence l’implication des femmes et des jeunes dans ce processus de durabilité.
Pour elle, « Il y a aussi la question du genre et de la capacité à parler des femmes et des jeunes. Nous en parlons, mais nous ne faisons rien. Tout le monde en parle dans son discours, mais personne ne donne de solutions pratiques. Que ferons-nous au sujet du genre ? Qu’allons-nous faire des jeunes ? Il y a très peu de solutions présentées. Les problèmes sont bien présentés, mais les solutions sont très rares.».
« Les aliments que nous consommons sont-ils sûrs ? Non», répond Sylvia Kuria. Et l’une des causes, c’est l’usage des pesticides chimiques. En ce sens, elle interpelle les Kenyans et les Africains à revoir leurs pratiques agricoles.
« Les aliments que nous consommons ne sont pas sûrs. Il s’agit de 3 % des produits perçus utilisés. Pouvez-vous imaginer qu’ils sont classés comme des pesticides extrêmement dangereux ? Nous demandons l’interdiction totale de ces pesticides et la mise en place d’une politique de « deux poids-deux mesures », car la plupart de ces pesticides ont été interdits dans l’UE, mais sont toujours produits dans l’UE. », recommande-t-elle.
Notons que la présidence égyptienne de la 27e conférence des parties pour le climat (COP 27) s’était engagée à accorder aux questions agricoles et alimentaires une place plus centrale. Jusqu’à présent, ce secteur, qui pèse pour un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre et subit de plein fouet les effets du réchauffement, était relégué au second plan des négociations officielles, loin derrière les enjeux d’énergie ou de transport.
Hector Nammangue depuis Nairobi pour Vert-Togo





