La cinquième journée de la Conférence de Belém sur les changements climatiques (COP30) a été marquée par une combinaison de négociations soutenues, d’événements de haut niveau et de mobilisations fortes de la société civile, reflétant la complexité du processus à l’approche de la fin de la première semaine.
À l’extérieur du site, un sit-in pacifique mené par des leaders autochtones du peuple Munduruku a attiré l’attention des délégués en dénonçant l’écart persistant entre les engagements climatiques internationaux et la réalité vécue par les communautés confrontées à l’expansion industrielle et aux impacts du changement climatique.
Réclamant la reconnaissance de leurs droits fonciers et la fin des activités industrielles dans leurs territoires, ils ont obtenu une rencontre avec le président de la COP30, André Corrêa do Lago, un geste qui souligne à la fois la force de leur mobilisation et la distance qui sépare la politique de terrain.
À l’intérieur des salles de négociation, les progrès ont été partiels : plusieurs textes ont été adoptés, notamment sur l’Action pour l’autonomisation climatique, les dispositions relatives aux réunions intergouvernementales, le renforcement des capacités et le rapport annuel conjoint du Mécanisme international de Varsovie et du Réseau de Santiago pour les pertes et préjudices.
Toutefois, de nombreuses discussions clés demeurent en suspens. Le texte sur la transparence a été renvoyé à la deuxième semaine, et plusieurs points sensibles ont été déplacés vers des sessions tardives, signe de la difficulté à avancer sur certains dossiers.
L’ambiance générale en cette fin de première semaine est celle d’une « turbulence prudente » : si la Présidence brésilienne est saluée pour avoir favorisé des espaces de consultation, une vision claire et partagée des résultats attendus de la COP30 n’a pas encore émergé.
Un consensus se renforce néanmoins sur un point essentiel : pour être crédible, tout accord final issu de Belém devra fournir des garanties concrètes en matière de financement, en particulier pour l’adaptation, domaine dans lequel de nombreux pays vulnérables attendent des engagements fermes et prévisibles.
Alors que la conférence s’apprête à entamer sa deuxième semaine, la pression s’intensifie pour transformer les discussions dispersées et les signaux contradictoires en un ensemble cohérent de décisions capables de répondre à l’urgence climatique.
Par Hector NAMMANGUE depuis Belém (Brésil) pour Vert-Togo





