Ces dernières années, on entend beaucoup parler des emballages alimentaires biodégradables et compostables. Ils s’utilisent principalement pour la vente à emporter et la livraison dans le domaine de la restauration rapide. Les restaurateurs notamment, ont été encouragés à laisser les sacs en plastique qui libèrent des nanoparticules toxiques pour l’environnement au profit des produits de conditionnements réutilisables.
Seulement, l’usage de ces sachets biodégradables au Togo n’est pas une réalité. C’est du moins ce qu’on peut retenir de la table ronde sur la gestion des déchets plastiques au Togo, tenue ce mercredi 11 août à Lomé. D’après Placide Dougah, fondateur et dirigeant du cabinet Valora Solutions et Services Environnement lors d’un panel organisé à l’occasion, personne ne fabrique les sachets biodégradables au Togo.
« Je suis désolé, je vais mettre les pieds dans le plat. Personne ne fabrique les sachets biodégradables au Togo. La dernière fois, j’ai confronté un acteur. Je sais ce que vous appelez sachets biodégradables mais expliquez-moi le processus de biodégradabilité. Ça n’existe pas. », a-t-il lancé. Avant de faire le lien avec la situation qui est toute autre sous d’autres cieux.

« Aujourd’hui en occident, même au Bénin ou au Malawi, la dernière fois que j’y étais, quand vous achetez à consommer et vous demandez le sachet plastique, on ne vous en donne pas. Donc il y a un travail à faire de la maman qui vend la nourriture au marché ou au bord de la route jusqu’au consommateur que nous sommes. »
Des mesures alternatives
Pour l’expert en RSE, la meilleure solution pour remédier à cette pollution plastique, c’est de sensibiliser les gens sur les effets néfastes de ces sachets plastiques et de leur faire comprendre leurs répercussions sur leur santé.
« D’abord, on va laisser l’aspect environnemental ou esthétique. Il faudra qu’on commence à expliquer aux consommateurs qu’acheter du riz, ou de la bouillie chaude dans un sachet plastique est toxique. Étant donné qu’une fois le plastique chaud, il commence par se détendre. Et lorsqu’il se détend, il libère dans ces aliments que nous consommons, tout ce qui est chimique. », a-t-il expliqué.
Aussi recommande-t-il « Je pense qu’on va y aller de manière graduelle. Et c’est là que ça peut être intéressant, c’est peut-être réactiver ou accentuer à nouveau l’information, la sensibilisation, la communication, l’éducation. Ceci mettra en lumière justement cet aspect cancérigène de la chose. »
Quelque 460 millions de tonnes de plastiques ont été produites en 2019 dans le monde, générant 353 millions de tonnes de déchets, dont moins de 10% sont actuellement recyclées et 22% sont abandonnées dans des décharges sauvages, brûlées à ciel ouvert ou rejetées dans l’environnement, selon les dernières estimations de l’OCDE.
Cette pollution contribue notamment à l’effondrement de la biodiversité relevé par tous les spécialistes, alors même que les « solutions basées sur la nature » sont considérées dans le dernier rapport des experts sur le climat de l’ONU (GIEC), comme un outil important de lutte contre le changement climatique et d’atténuation de ses effets.





