Dans la moiteur paisible de ce jeudi 5 juin 2025 à Tsévié (Zio), à 35 km au nord de Lomé , la togolaise, Naomi Akakpo, athlète de haut niveau, a planté bien plus qu’un arbre : elle a enraciné un rêve. Celui d’une jeunesse qui court vers 2028 non seulement pour les Jeux Olympiques de Los Angeles, mais aussi pour la terre, la vraie, celle qui respire et inspire.
C’est devant les regards curieux et émus des élèves du lycée de Démé que Naomi a lancé son projet : planter 2028 arbres par an jusqu’en 2028, soit 8 112 arbres à l’horizon, dans quatre forêts distinctes du Togo.
À ses côtés, deux figures de l’administration forestière : Mme Méry Yaou, directrice de l’environnement, et Dr ATUTONU Amah, directrice des ressources forestières. Ensemble, elles ont dévoilé une forêt en devenir, à quelques pas du lycée, sur plus de trois hectares désormais réservés à une sylve griffée du nom d’une sprinteuse engagée

Le chiffre 2028 a une valeur symbolique très forte pour moi, a confié Naomi. « Il représente les prochains Jeux Olympiques, un objectif personnel et professionnel vers lequel je me projette. Planter 2028 arbres chaque année d’ici à là, c’est à la fois un engagement environnemental concret et un rappel quotidien de ma trajectoire, de ce que je construis et des efforts que je choisis de faire pour moi, pour les autres, et pour la planète. »
Pour assurer la survie et la croissance de ces arbres, un plan de gestion précis a été mis en place avec l’association APEVIA, qui accompagnera l’entretien sur le long terme. « Une partie importante de notre budget est dédiée à cet entretien, et nous avons lancé une cagnotte pour réunir les fonds nécessaires à l’organisation de l’événement et au suivi des plantations », explique-t-elle.
Sur le terrain, l’implication est collective : enseignants, élèves et comité de développement du quartier de Tsévié joueront un rôle actif dans le soin quotidien des jeunes plants. « C’est un projet qui fédère, qui donne du sens à l’action locale. »

Un geste fort, né d’un concept global : Sport4Land. Ce projet est l’émanation d’une campagne initiée par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD).
Il s’agit de mobiliser les athlètes pour la restauration des terres, pour que chaque foulée s’inscrive dans une trajectoire durable.
Avant que les jeunes plants ne trouvent refuge dans le sol, la parole a pris racine. L’ONG APEVIA a mené une sensibilisation environnementale auprès des lycéens, leur rappelant que l’arbre est bien plus qu’un symbole : c’est un avenir. Un avenir qu’ils ont célébré à leur manière, en initiant une course solidaire avec 200 jeunes dans la préfecture de Zio, pour allier souffle du corps et souffle de la terre.

« Dans le cadre de ce projet avec l’appui de la Convention des nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), nous nous réunissons aujourd’hui autour d’un projet structuré autour de trois grands objectifs l’environnement, le sport et la nutrition. Depuis plusieurs semaines déjà, nous avons sensibilisé une centaine de jeunes sur ces enjeux via une vidéo produite par Naomi Akakpo ou elle explique chaque thématique. », affirme Vincent Corselis, Directeur Exécutif de l’ONG Apevia.
« Aujourd’hui, nous observons une belle mobilisation autour de cette activité de reboisement. Elle rassemble différents groupes, différentes initiatives, toutes convergeant vers un même objectif : préserver notre planète. Associer le sport au reboisement est une idée innovante. Les athlètes, par leur discipline, leur endurance, et leur esprit d’équipe, montrent qu’ils peuvent aussi être des acteurs du climat, œuvrant pour un avenir plus sain. », a indiqué Dr ATUTONU Amah, Directrice des Ressources Forestières.

Aussi a-t-elle ajouté « Les conditions climatiques que nous connaissons chaleur, manque de pluie, sécheresse nous rappellent chaque jour l’urgence d’agir. Planter un arbre, c’est poser un acte concret pour demain. C’est pourquoi cette initiative portée par Naomi Akakpo mérite d’être saluée. Elle permet de sensibiliser la jeunesse, les élèves, le grand public, à l’importance de l’environnement et de leur rôle dans sa préservation. »
Des graines plantées à Tsévié, mais une vision qui dépasse les frontières. Naomi ne construit pas seulement une forêt, elle donne corps à un imaginaire : celui d’un monde où courir pour l’or olympique ne se fait pas sans courir pour la Terre. Le Togo, petit pays aux grandes ambitions, a trouvé en elle une ambassadrice de cette écologie incarnée, où chaque geste compte, où chaque arbre à son mètre, où chaque pas compte double : pour la performance et pour la planète.





