Un Séminaire de Haut niveau sur la Finance Climat bat son plein à Cotonou

Le Séminaire de Haut Niveau sur la Finance Climat s’est ouvert ce mercredi 18 septembre à Cotonou au Bénin, réunissant des décideurs publics et privés de l’UEMOA. L’événement vise à adopter une nomenclature sectorielle pour les études de faisabilité des projets climatiques et à définir des mécanismes efficaces de financement pour accélérer leur développement.

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Conscients de l’urgence climatique, les participants abordent les mécanismes de financement des études de faisabilité, une étape cruciale pour l’aboutissement des projets climatiques.

Les travaux de deux jours visent à mettre en place une nomenclature sectorielle harmonisée et d’intégrer les co-bénéfices climatiques ainsi que les Objectifs de Développement Durable (ODD) dans ces études.

Vue de la table d’honneur

Les échanges se  concentrent sur plusieurs objectifs spécifiques notamment : l’examen de l’évolution des besoins de financement pour les études de faisabilité des projets climat dans les États membres de l’UEMOA, l’adoption d’ un mécanisme d’abondement communautaire pour le Fonds d’Études Climat (FEC) afin de soutenir les projets climatiques, le développement d’une nomenclature standard des études de faisabilité pour assurer l’intégration des co-bénéfices d’adaptation et d’atténuation et enfin la préparation  de la « Déclaration de Cotonou », une recommandation officielle pour harmoniser le financement et la nomenclature des études climat, à soumettre à la Conférence des Chefs d’État de l’UEMOA.

Réaffirmer l’ambition climatique avec le Fonds d’Études Climat

Dans son discours d’ouverture ce mercredi 18 septembre, M. Ben Barka Moustapha, vice-président de la BOAD, a mis en avant la nouvelle dynamique de la banque pour soutenir les projets climatiques dans la zone UEMOA, à travers la création du Fonds d’Études Climat et le renforcement de la finance climat.

M. Ben Barka Moustapha, vice-président de la BOAD

Depuis près de 15 ans, la BOAD s’est dotée d’instruments de financement climatique, marquant les premiers pas vers une stratégie intégrée pour lutter contre les changements climatiques. Cette ambition s’est renforcée avec l’adoption de la deuxième Stratégie Environnement et Climat 2021-2025 (SEC II), qui vise à aligner les actions de la banque sur les défis du développement durable et résilient dans les États membres de l’UEMOA. M. Ben Barka Moustapha a rappelé que cette stratégie s’inscrit dans le Plan DJOLIBA, notamment dans son Axe III, axé sur le renforcement de la résilience aux changements climatiques.

Dans le cadre de l’Accord de Paris, les pays de l’UEMOA ont soumis leurs Contributions Déterminées au niveau National (CDN), engageant la région à réduire ses émissions et à s’adapter aux impacts des bouleversements climatiques.

Les besoins de financement pour ces actions sont estimés à environ 100 milliards de dollars US d’ici 2030. Face à ces défis, la BOAD met l’accent sur la mobilisation de ressources concessionnelles et l’intégration des enjeux climatiques dans 25 % de ses opérations. L’objectif est de soutenir des projets dans des secteurs clés tels que les énergies renouvelables, l’agriculture durable et les infrastructures résilientes.

La création récente du Fonds d’Études Climat (FEC), actée lors de la session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État de l’UEMOA en mars 2021, est une réponse concrète aux défis de financement climatique. Ce fonds, logé à la BOAD, vise à accélérer les investissements verts en facilitant les études de faisabilité des projets climat. « Le financement de ces études est essentiel pour espérer mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des projets à co-bénéfices d’adaptation et d’atténuation », a souligné M. Barka.

Vue partielle des participants

Le ministre du cadre de vie et des transports du Bénin M. Tonato José a salué l’initiative en déclarant : « Je voudrais de prime abord remercier sincèrement la BOAD de m’avoir associé à cette rencontre qui aborde un enjeu crucial dans le cadre de notre lutte contre les changements climatiques. Valider la nouvelle nomenclature des études de faisabilité des projets climatiques et accompagner des mécanismes d’abondement du Fonds d’Études Climat est essentiel. La création de ce fonds est une innovation et un produit nécessaire dans l’accompagnement des États. »

Il a également rappelé l’importance d’agir rapidement face aux défis climatiques : « Le sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) indique que nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire pour maintenir le réchauffement en dessous de 1,5°C comme l’a souhaité l’Accord de Paris. En Afrique subsaharienne, les changements climatiques menacent déjà gravement la sécurité alimentaire et hydrique, aggravant la vulnérabilité de millions de personnes. Il est de notre responsabilité, en tant que décideurs, de poser des solutions qui réduiront notre empreinte carbone tout en promouvant un développement durable. »

Hector NAMMANGUE depuis Cotonou pour Vert-Togo

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