Un patrimoine menacé par les modifications génétiques

Lors d’une conférence publique sur « La place de la pharmacopée dans le domaine de la santé au Togo » tenue ce mercredi 12 février 2025 à Lomé, Togbui Dagban Ayivon IV, chef du quartier Bè-Adakpamé et acteur majeur de la promotion de la médecine traditionnelle africaine , a alerté sur les risques liés aux modifications génétiques des plantes et leur impact sur la médecine traditionnelle.

vert-togo2
vert-togo

L’événement, organisé avec les membres du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN)  au Togo, a mis en lumière la nécessité de préserver les essences végétales aux vertus thérapeutiques.

Selon Togbui Dagban, l’introduction des organismes génétiquement modifiés (OGM) entraîne une perte des propriétés médicinales de nombreuses plantes. « Vous ne pourrez pas prendre du maïs et aller semer pour qu’il germe, car on nous apporte des OGM qui ne font même pas germer. Vous devez acheter chez eux », a-t-il déclaré.

Il a notamment souligné que la barbe du maïs naturel, trempée dans de l’eau chaude, est un puissant stimulant sanguin, mais que cette propriété disparaît avec les variétés modifiées.

L’expert a également évoqué les effets des transformations génétiques sur d’autres plantes médicinales essentielles. « Les feuilles mortes et l’écorce du manguier traitent le diabète, mais les manguiers greffés n’ont plus ces vertus. De même, les graines de certaines variétés de papaye, jadis utilisées comme vermifuge naturel, sont aujourd’hui remplacées par des variétés hybrides dépourvues de ces bienfaits », a-t-il expliqué.

Vue d’ensemble des participants au rendez vous du REMAPSEN

Toutefois, Togbui Dagban reste optimiste quant au potentiel médicinal toujours présent dans certaines régions du pays, malgré l’urbanisation croissante. « À Lomé, beaucoup d’essences ont disparu, mais dans des localités comme Néron et Notché, on retrouve encore une grande diversité végétale. Chaque semaine, des femmes apportent sur les marchés des herbes médicinales fraîches », a-t-il conclu, appelant à une prise de conscience et à la préservation de ce patrimoine naturel indispensable à la santé des populations.

À l’issue de la rencontre, la coordinatrice du REMAPSEN-Togo Ambroisine MEMEDE s’est félicitée de la mobilisation des journalistes et de leur intérêt pour cette thématique cruciale.

Elle a souligné l’importance de ces échanges pour sensibiliser le public et encourager la préservation des savoirs traditionnels en matière de santé. « C’est un sujet fondamental pour notre pays, et voir autant de professionnels des médias s’y intéresser est très encourageant », a-t-elle déclaré, appelant à une plus grande valorisation de la pharmacopée dans les politiques de santé publique.

Il faut préciser que les représentants du ministère de la Santé et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont également pris part à cet échange.

- Publicité -spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

lire la suite

Articles récents