Avec une superficie de 25 hectares, à Sada dans la préfecture de Tchaoudjo, le site de M. ADJIA Agbossa Aliou produit de différents vergers de manguiers qui s’étalent à perte de vue et offrent une production de plusieurs tonnes de mangues écoulée principalement sur le marché togolais.
En d’autres termes, la ferme de M. Aliou produit au total quatre (4) variétés des manguiers notamment le keitt, le valencia, le palmer et elldonne au grand bonheur de ses consommateurs.
L’amélioration de la pérennité du gagne-pain de cet arboriculteur a été possible grâce au PPAAO-TOGO au travers du Projet d’introduction d’une méthode DZ de lutte durable à base de pièges à paraphéromones contre la mouche de fruits dans les vergers de mangues greffées au Togo (ProMangue) avec l’Institut Supérieur des métiers de l’agriculture (ISMA) et l’Université de kara.
Quelques années en arrière, il confie à Vert-Togo que les mangues produites dans sa ferme pourrissaient lorsqu’ils atteignaient leur maturité.
« Les mangues présentaient des zones mûres qui se putréfiaient rapidement. Des fois, c’était des observations de sève qui coulaient et parfois même des asticots qu’on trouvait. Quelqu’un nous avait conseillé de les protéger avec des sacs plastiques noirs pour empêcher les insectes de les piquer, mais le résultat demeurait le même. La seule différence est que les mangues n’étaient pas pourries, mais une fois dans la bouche, le goût était désagréable. », nous raconte t-il.
Et de poursuivre « Ce n’est qu’en 2019 qu’on a fait la rencontre du projet PPAAO-TOGO avec l’ISMA qui nous a fait part d’une belle expérience avec des pièges à mouche. Ceci a été expérimenté en premier lieu sur un bloc de 15 ha de vergers de manguiers. Et au bout de trois semaines, les mangues étaient à maturité et sur 150 mangues traitées, à peine deux ou trois étaient infectées. Il faut le dire, le projet a véritablement réduit le niveau de la mouche introduite au niveau des mangues qui causait des dégâts et m’a fait augmenter drastiquement mes productions en mangue »
La source principale de revenu de l’arboriculteur vient de la production des mangues Keitt, et Palmer. Ces variétés sucrées et charnues sont les plus prisées sur le marché et comme elles ne mûrissent pas sur l’arbre, elles sont moins périssables, ce qui permet aux agriculteurs de les vendre pendant une période prolongée.
Des difficultés
Même si le projet ProMangue mis en œuvre dans les régions Centrale et de la Kara a permis de fixer des pièges aux manguiers, qui contiennent de la phéromone, une substance sécrétée par le mâle de cette mouche pour attirer la femelle, le paysan s’inquiète toujours.
« Notre seule peur, ce sont les mouches de fruits, car par exemple sur un manguier elldone qui donne 200 mangues si des mouches s’y attaquent c’est par chance qu’on obtiendra trois mangues qui ne seront pas infectes. Le reste sera à terre. Donc notre souhait est que le projet soit reconduit afin que cette méthode soit expansive et que la lutte contre ses mouches de fruit ne s’estompe pas. »
Il évoque en plus de cela, le manque d’outils adéquats pour palier au problème d’élagage.
Une méthode pour tailler les manguiers afin d’enlever le bois mort ou malade, et pour permettre à plus de lumière de pénétrer dans le couvert végétal et pour contrôler la hauteur totale de l’arbre afin d’améliorer la récolte.
« On a tout d’abord un problème de main d’œuvre avant, c’était depuis Dapaong qu’on faisait venir des gens pour entretenir les arbres mais avec l’élagage qui s’y ajoute c’est un peu pénible le travail. On aimerait bien avoir des petites tronçonneuses et certaines machines pour nous aider à faucher les bois morts. »
Une méthode qui ne dégrade pas l’environnement
Concernant la méthode de lutte durable contre les mouches des mangues, qui se fait à base de piège de para-phéromones afin de réduire considérablement leurs impacts sur les arbres fruitiers. Elle n’a pas d’impact sur l’environnement.
« Les pièges contiennent un peu de substance active dénommée le spirazole qui permet de stériliser les mouches, mais à long terme. Les autres composantes sont des accessoires chatouillant pour attirer les mouches. Ce piège n’a pas d’impact sur l’environnement, car la substance active est d’une quantité de 0,007 mg. La méthode est biologique et assez efficace, elle accompagne toute la campagne de la production des mangues greffées. Avec 20 pièges, on peut couvrir 20 ha de plantations fruitières. Par contre l’étude en question qui a couvert toute l’étendue du territoire s’est faite sur au total 1523 ha. », explique M. Mario Abouwio , Enseignant Chercheur de l’Institut Supérieur des Métiers de l’Agriculture (ISMA)
Il faut préciser que la filière mangue constitue une composante essentielle du secteur horticole dans beaucoup de pays de la CEDEAO dont le Togo.
Kofi Meser





