Les écosystèmes de mangroves du sud-est du Togo subissent une dégradation croissante depuis plusieurs années. Pour freiner ce phénomène et renforcer la résilience des communautés qui en dépendent, le projet « Résilience des pêcheurs, mareyeuses et restauration de la mangrove dans la région maritime au Togo » a été lancé ce vendredi 12 juin 2026 à Lomé.
Soutenue par le Centre et Réseau des Technologies Climatiques (CTCN), en collaboration avec le ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, cette initiative vise à promouvoir une approche intégrée associant restauration écologique, adoption de technologies propres et renforcement des capacités locales.
Doté d’un budget de 140 000 dollars américains, le projet sera mis en œuvre par le cabinet ATMOS sur une période de quinze mois.
Pour les autorités, il s’agit d’un projet d’envergure, porteur d’impacts majeurs pour les communautés et l’environnement.

« C’est un projet très important parce que, ces dernières années, plus de 47 % des écosystèmes de mangroves ont été détruits. Il devient impérieux de les restaurer au regard de leur rôle essentiel dans la production halieutique et dans l’équilibre des écosystèmes côtiers », a souligné Bolagbédé Bankati, représentant de la Cellule nationale de veille climatique du Togo.
Plus de 15 hectares de mangroves seront restaurés à travers l’utilisation d’espèces locales adaptées aux différents milieux.
« Pour chaque site, l’espèce la plus appropriée sera utilisée. L’intervention reposera d’abord sur la production de plants en pépinière. Nous favorisons également la régénération naturelle des propagules déjà présentes sur le terrain. Dans les zones les plus dégradées, nous procéderons à la complantation et au reboisement avec des espèces issues des pépinières », a expliqué Dr Cheikh Dieng, chef de mission du cabinet ATMOS.

Le projet repose sur une forte implication des communautés locales afin de garantir sa durabilité.
« Il s’agit d’accompagner tout le monde et de ne laisser personne de côté. Communautés, autorités coutumières, chefferies traditionnelles, ménages, femmes transformatrices et pêcheurs seront associés à la démarche. L’objectif est que toutes les composantes de la communauté participent au processus et que les groupes les plus vulnérables bénéficient pleinement des actions d’inclusion sociale prévues par le projet », a indiqué Dr Cheikh Dieng.
Au-delà de la restauration écologique, cette initiative ambitionne de réduire la pression exercée sur les mangroves, notamment par l’introduction de technologies alternatives et propres destinées aux acteurs de la pêche et de la transformation du poisson.
Ces innovations devraient permettre de limiter l’exploitation du bois de mangrove tout en améliorant les conditions de travail et les revenus des populations riveraines.
Plusieurs formations seront organisées à l’intention des pêcheurs artisanaux, des femmes transformatrices, des jeunes et des organisations communautaires, afin de les outiller sur la restauration des mangroves, la gestion durable des ressources naturelles et des pratiques économiques plus respectueuses de l’environnement.
À terme, le projet devrait contribuer à réduire la pression sur les écosystèmes de mangroves, à améliorer les moyens de subsistance des communautés locales et à renforcer leur résilience face aux effets du changement climatique. Il s’inscrit pleinement dans la dynamique des engagements climatiques du Togo, notamment à travers sa Contribution déterminée au niveau national (CDN), qui fait de la restauration des mangroves un axe prioritaire de l’action environnementale





