Restauration du chenal de Gbaga : plus de 52% des travaux déjà réalisés

Les travaux de curage mécaniques du chenal de Gbaga, frontière naturelle qui sépare le Togo et le Bénin, et de restauration de son écosystème entamée il y a quelques mois dans le cadre du programme WACA REsIP, touchent presqu’à leur fin, avec un taux de réalisation globale à plus de 52%. C’est ce qu’a constaté les premiers responsables du projet lors d’une visite et suivi des travaux avec les journalistes, blogueurs et influenceurs, ce 4 avril 2025.

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 Cette visite s’est tenue dans le cadre des réunions de chantier organisées toutes les deux semaines depuis le lancement du curage du chenal pour évaluer l’avancement du projet et coordonner les actions nécessaires. 16e réunion du genre, elle a permis de faire le point avec toutes les parties prenantes des travaux en vue de l’achèvement des travaux d’ici fin juin 2025.

Lors de la visite, il a donc été constaté que le chenal est complètement libéré et l’eau circule facilement, alors qu’à l’initiale, « c’était obstrué, on ne pouvait pas passer, et même en saison sèche, il était possible de marcher là-dessus comme si on était au-dessus de la terre », a indiqué Lamboni Baïmate, ingénieur, directeur des travaux.

De fait, le chenal de Gbaga, est une rivière de 30 km qui constitue une frontière naturelle entre le Togo et le Bénin , elle a été recouverte par des plantes envahissantes et des sédiments. Ce qui a ralenti considérablement toutes les fonctions environnementales et économiques que le chenal joue. C’est pour lui redonner ses fonctionnalités datant, que les deux pays ont entamé le curage du Chenal qui consiste à faire le faucardage et le dragage de la zone.

Vue du compost étalé

A ce jour, selon Lamboni Baïmate, les travaux de faucardage sont totalement terminés, et ceux du levé bâtis qui vont permettre d’entamer le curage ont déjà commencé. Il ne reste que quelques corrections.

Près de 47 hectares de surface faucardés

Le faucardage consiste à arracher les plantes qui sont sur l’eau. Celui effectué sur le chenal de Gbaga, a permis d’arracher en tout 468 000 m2 soit 46 à 47 hectares de surfaces de plantes aquatiques. Le chenal étant long de 30 km, les ingénieurs ont pris deux mois pour effectuer le faucardage.

Ces végétaux pour ne pas être jeté, sont en train d’être transformés en compost. Il est donc attendu 21 000 tonnes de compost. « Actuellement, on a déjà produit au-delà de 400 tonnes.  Et ça se poursuit jusqu’à atteindre la quantité prévue », informe l’ingénieur.

 Selon les spécialistes, le processus de compostage est à plusieurs étapes. « Après l’arrachage des plantes, nous les entreposons dans les bâches et les envoyons sur les différents sites pour commencer le processus de traitement. Arrivée sur le site il y a lieu de les broyer, ensuite au pesage et au séchage. C’est après cette dernière étape, quand les plantes broyées auraient perdu 50% de leur taux d’humidité que nous passons au processus de compostage qui va durer trois mois », a expliqué Lamboni Baïmate, ingénieur, directeur des travaux.

Pour ce qui est du curage qui va débuter bientôt, il est attendu d’enlever 55 000 m3 de sédiments.

Les communes des Lacs 1 et 2, premiers bénéficiaires

Les activités de faucardage et de curage se font sur différents sites situées dans les communes des Lacs 1 et 2. Ainsi, « l’ensemble des matières, le sable et les composts qui vont être produits, seront mis à la disposition des communes sur le territoire duquel ces travaux se font, bien évidemment Lac 1 et Lac 2 qui en feront usage comme elles veulent », fait savoir le coordonnateur du projet WACA REsIP-Togo, Assimiou ADOU RAHIM ALIMI.

Plusieurs jeunes de ces mairies qui ont été recrutés pour les travaux profitent également de ce projet. Au sein d’eux on y trouve des femmes. « Nous accomplissons les mêmes tâches que les hommes. Ce travail nous permet de compléter certains trous en matière de dépenses », témoigne Ahoefa, engagée au niveau du compostage.

En termes d’impacts, après les travaux, le chenal va retrouver sa navigabilité, et les communications qui se faisaient, toute la fonction environnementale seront rétablies, par le reboisement de la rivière par des plantes appelées mangroves. L’inondation sera également réduite.

Il faut rappeler que les travaux effectués conjointement entre le Togo et le Bénin, est d’un coût total de 4,7 milliards de FCFA.

Par Garba Nana.

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