Protection des ânes au Togo : Vers une réglementation contre le commerce illégal

En Afrique, les ânes jouent un rôle essentiel dans la production agricole et la sécurité alimentaire, tout en contribuant au maintien de la biodiversité. Cependant, ces dernières années, leur survie est menacée par un commerce illégal, stimulé par la demande croissante pour leur peau.

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Pour éviter leur extinction, le Togo souhaite mettre en place une réglementation interdisant le commerce et l’exportation des peaux d’ânes et de leurs produits dérivés sur son territoire. C’est dans ce cadre, qu’un atelier de deux jours a débuté depuis ce mardi à Lomé pour élaborer ce texte, qui devrait être adopté sous la forme d’un arrêté interministériel.

Mme ADOUSSI HOUETOGNO Sélome, Directrice du Bureau national d’INADES-Formation Togo vue à l’extrême gauche

Soutenu par la Direction de l’Élevage en collaboration avec INADES-Formation et BROOKE Afrique de l’Ouest, la rencontre réunit divers représentants de ministères sectoriels et des acteurs clés de la production, de la transformation et de la commercialisation des produits d’origine animale. Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet de lutte contre le commerce illicite des peaux d’ânes en Afrique de l’Ouest.

En effet, l’exploitation illicite des ânes a des conséquences graves et inquiétantes. Outre les atteintes au bien-être des animaux, ce commerce pose de sérieux risques pour l’environnement et la santé publique.

Les ânes sont souvent abattus de manière anarchique, provoquant des pollutions environnementales, notamment la contamination des sols et des cours d’eau.

« L’abattage anarchique des ânes entraîne la prolifération de germes, ce qui contamine l’environnement, notamment le sol et les cours d’eau. Mais il faut également évoquer un problème d’insalubrité autour du traitement et de l’abattage de ces ânes », explique NOUBOUKPO Kodjo, représentant de la Direction de l’Élevage.

Aussi ajoute-t-il « Si rien n’est fait, d’ici quelques années, nous n’aurons plus d’ânes. Cela touche fortement la biodiversité et notre environnement »

À l’instar d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, le Togo s’engage activement pour la préservation de l’espèce asine en élaborant un cadre réglementaire.

Vue partielle lors des échanges

Cet engagement est d’autant plus crucial en raison de la position géographique stratégique du pays, qui pourrait faciliter le commerce illicite si des mesures ne sont pas prises. « Le Togo, de par sa situation géographique, doit s’engager dans cette lutte, car nous sommes limitrophes de pays ayant une importante population d’ânes. De plus, notre port, en tant que pays côtier, facilite les échanges commerciaux. Sans réglementation, le Togo risque de devenir un couloir de transit pour les peaux d’ânes », a déclaré Mme ADOUSSI HOUETOGNO Sélome, Directrice du Bureau national d’INADES-Formation Togo.

En février 2024, l’Union africaine a instauré l’interdiction du commerce des peaux d’ânes sur le continent. Selon M. SARR Emmanuel, Directeur de BROOKE Afrique de l’Ouest, l’atelier de Lomé a pour but d’aider les autorités togolaises à adopter des mesures en accord avec cette décision.

Par Akissa YOTOU

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