Une trentaine de journalistes ivoiriens ont pris part du 30 janvier au 1er février 2025 à un atelier de formation à Abidjan sur le rôle des médias dans la Recherche-Développement et l’innovation en santé. Organisé par Speak Up Africa, en partenariat avec le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), cet atelier visait à renforcer les capacités des journalistes afin d’améliorer la promotion des innovations médicales, un enjeu clé pour le développement durable des systèmes de santé en Afrique.
L’atelier, animé par Mme Yaye Sophiétou Diop, Directrice du Partenariat et du Développement de Speak Up Africa, et Roxane Fian, Chargée de programmes, a mis en lumière l’importance des maladies tropicales négligées. Ces pathologies, bien que largement répandues, sont souvent sous-estimées alors qu’elles affectent majoritairement les populations les plus vulnérables, accentuant ainsi les inégalités sociales et environnementales.
Un système de santé solide et résilient est essentiel pour un développement durable inclusif, car une population en bonne santé est plus apte à participer aux efforts de protection de l’environnement et d’adaptation au changement climatique. Or, ces maladies, souvent liées à des conditions de vie précaires et à des écosystèmes dégradés, nécessitent une approche intégrée combinant santé, environnement et justice sociale.
Un plaidoyer pour un financement durable de la recherche en santé
Intervenant lors de cet atelier, Mme Yaye Sophiétou Diop a souligné la nécessité d’un investissement accru et durable dans la recherche médicale en Afrique. « Il est crucial que les pays africains disposent de solutions financières adaptées afin de maintenir leurs experts sur place et de garantir un plateau technique adéquat pour la santé de leurs populations », a-t-elle déclaré.
Actuellement, la Côte d’Ivoire n’alloue que 0,07 % de son PIB à la Recherche-Développement et l’Innovation (RD&I), un niveau bien en deçà des besoins réels. En 2020, les dépenses publiques de santé représentaient 5,7 % du budget national, loin des 15 % recommandés par l’OMS dans la Déclaration d’Abuja. Pourtant, le pays abrite des institutions de recherche de premier plan, telles que l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI) et l’Institut National de Santé Publique (INSP), qui mènent des recherches d’importance régionale et internationale.
Les médias, un levier stratégique pour des politiques publiques durables
Les journalistes présents ont pris l’engagement de produire des contenus de sensibilisation et de plaidoyer pour un financement plus conséquent de la recherche et de l’innovation en santé. Bamba Youssouf, président du REMAPSEN, a insisté sur la responsabilité des médias : « Par vos productions et articles, vous devez tirer la sonnette d’alarme de manière collective pour attirer l’attention des gouvernants, du secteur privé et de la communauté. »
Une meilleure couverture médiatique des enjeux de santé publique permettra non seulement de mobiliser les décideurs politiques, mais aussi d’encourager des solutions locales et durables intégrant santé, environnement et résilience communautaire.
À l’issue de cet atelier, les journalistes ont reçu des certificats de participation, marquant leur engagement à produire un journalisme de solutions et d’impact en faveur du développement durable.
Parallèlement, une cinquantaine de journalistes africains ont suivi la formation en ligne, découvrant les axes stratégiques de Speak Up Africa en matière de plaidoyer pour la santé publique et l’innovation médicale.
En intégrant la santé dans les priorités du développement durable, cet atelier souligne l’importance d’un journalisme engagé, capable de documenter les défis et de proposer des perspectives concrètes pour une Afrique plus résiliente, inclusive et durable.





