L’ONG SALUT veut préserver les semences paysannes pour garantir la souveraineté alimentaire au Togo

Face aux effets accrus des changements climatiques et à la transformation des systèmes agricoles, les semences paysannes, véritables patrimoines génétiques transmis de génération en génération, sont aujourd’hui en voie de disparition au Togo.

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C’est dans ce contexte que s’est tenu un atelier organisé par l’ONG SALUT (Solidarité en Action pour la Lutte contre la Pauvreté), bénéficiaire depuis janvier 2025 d’un programme quinquennal dénommé « Pouvoir d’agir », financé par l’ONG luxembourgeoise Action Solidarité Tiers Monde (ASTM).

Dans le cadre de ce programme, SALUT met en œuvre le projet de renforcement des droits, des capacités de résilience et de promotion de systèmes agricoles durables dans les communautés du bassin versant de Zio. Ce projet s’exécute dans les Communes d’Agoè-Nyivé 4, d’Agoè-Nyivé 6, de Zio 1 et de Zio 2, plus précisément dans les villages d’Akoin, Darakpodji, Fidokpui, Hlankopé, Kpotavé, Konyito-Kpala, Kovié et Djagblé, avec une extension sur d’autres sites d’intervention de SALUT tels qu’Adétikopé et Tonoukouti.

Zimare Issifou, ingénieur agronome et chargé du programme Agriculture durable et Environnement à l’ONG SALUT

Selon Zimare Issifou, ingénieur agronome et chargé du programme Agriculture durable et Environnement à l’ONG SALUT, les changements climatiques affectent gravement la production agricole et réduisent les performances des semences améliorées, tandis que la modification des habitudes alimentaires entraîne la disparition progressive des semences locales. Il souligne qu’une perte de ces semences constituerait un risque majeur pour la biodiversité agricole et la sécurité alimentaire des générations futures.

Sur le terrain, des initiatives citoyennes visent à inverser cette tendance. Germain Avouba, producteur à la ferme agroécologique Dênyigban à Badja et représentant du Réseau National des Acteurs de l’Agroécologie du Togo (RENAAT), alerte : « L’usage massif des herbicides et produits chimiques menace directement nos semences paysannes. Si nous n’agissons pas, nos enfants n’auront jamais l’opportunité de connaître ces variétés qui ont nourri nos ancêtres. »

Pour lui, la solution réside dans la multiplication et la diffusion des semences par le troc et l’échange, permettant à la fois leur préservation et le renforcement de la résilience des communautés.

Échange avec les participants autour des semences paysannes

Pour inverser la tendance, plusieurs recommandations ont été formulées : la reconnaissance juridique des semences paysannes, la mise en place de systèmes alternatifs de certification adaptés aux petits producteurs, et la structuration des organisations semencières paysannes pour porter leur voix au niveau décisionnel. Un plan d’action sera élaboré pour mettre en œuvre ces mesures, contribuant ainsi au développement durable du secteur des semences paysannes au Togo.

À travers ces initiatives, les acteurs espèrent préserver ce patrimoine agricole stratégique, essentiel à la souveraineté alimentaire, à la résilience climatique, et à la transmission de ce savoir aux générations futures.

Par Emeka GATCHE

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