L’OMS face à la médecine traditionnelle : un défi scientifique en perspective

Le professeur Brama Koné, responsable portefeuille de changement climatique et santé au bureau de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) Afrique, a clarifié lors du récent webinaire du Réseau des Médias Africains pour la Santé et l’Environnement (REMAPSEN), la position de l’organisation vis-à-vis de la médecine traditionnelle. Si l’OMS soutient cette pratique, il souligne néanmoins l’importance des données scientifiques pour valider son efficacité, un défi souvent rencontré dans ce domaine.

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Le professeur Brama Koné, responsable portefeuille de changement climatique et santé à l’OMS, a récemment affirmé que l’Organisation mondiale de la Santé n’est pas opposée à la médecine traditionnelle, mais qu’elle la soutient au contraire.

 Toutefois, un critère crucial demeure : l’existence de données scientifiques probantes démontrant l’efficacité des produits issus de cette pratique. Cette condition pose souvent un défi, car il est parfois difficile de fournir des preuves scientifiques solides dans le domaine de la médecine traditionnelle.

Selon le professeur Koné, l’OMS reconnaît la richesse et la diversité des connaissances médicales traditionnelles à travers le monde.

Cependant, pour intégrer pleinement ces pratiques dans les systèmes de santé modernes, il est impératif de garantir leur sécurité, leur efficacité et leur qualité, ce qui nécessite des études scientifiques rigoureuses.

« L’OMS n’est pas contre la médecine traditionnelle. Bien au contraire, l’OMS soutient la médecine traditionnelle. Mais le seul hic c’est que l’OMS ne peut soutenir des éléments de médecine traditionnelle que lorsqu’il existe des données scientifiques probantes qui montrent l’efficacité d’un produit issu de la médecine traditionnelle. Et c’est bien souvent là que se pose le problème. », a t-il expliqué.

Avant de poursuivre « Parce que dans nos pays, en même temps qu’on a des tradipraticiens, des savants qui utilisent des plantes bien documentées scientifiquement, dont le principe actif est bien connu pour son effet, dont les doses sont bien connues, pendant qu’on a des acteurs de la médecine traditionnelle qui ont de tels potentiels, nous sommes d’accord qu’il en existe d’autres, qui ont juste des connaissances très vastes, qui utilisent et prescrivent des produits sans tenir compte de la dose. Ce qui fait qu’on vous dit qu’il faut prendre un verre, un matin, midi et soir, sachant que d’un verre à l’autre, le volume diffère. »

Et précise-t-il « Quelle est donc la quantité qu’il faut prendre le matin ? Quelle est la quantité qu’il faut prendre le midi ? Quelle est la quantité qu’il faut prendre le soir ? Et c’est là que l’OMS a un problème, parce qu’elle a la responsabilité de soutenir les pays. Et elle ne peut soutenir que les pays avec des données scientifiques probantes, ça permet aussi de crédibiliser l’action de l’OMS. »

L’OMS n’est pas opposée à la médecine traditionnelle

Le professeur souligne que l’OMS envisage d’incorporer la médecine traditionnelle dans ses pratiques, en se basant sur des données scientifiques solides qui soutiennent l’efficacité de certains produits traditionnels.

« Il existe une résolution de l’OMS exhortant les pays à fournir des données probantes sur les plantes médicinales utilisées localement, afin de promouvoir les produits ayant démontré leur efficacité au niveau mondial. Cela met en lumière l’importance pour les praticiens de la médecine traditionnelle de fournir des preuves tangibles de l’impact et de l’efficacité de leurs produits, afin de les intégrer de manière efficace dans les systèmes de santé modernes. », a t-il justifié.

En soutenant la recherche et en encourageant la collaboration entre praticiens de la médecine traditionnelle et scientifiques, l’OMS ouvre ainsi la voie à une meilleure compréhension et utilisation de ces pratiques ancestrales, tout en relevant le défi scientifique qui les accompagne.

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