Les cimentiers du Togo s’engagent sur la voie de la décarbonation

Au Togo, les industriels du ciment regroupés au sein de l’Association des Cimentiers du Togo affinent leur stratégie pour réduire leur empreinte carbone.

vert-togo2
vert-togo

Réunis à Lomé le lundi 30 juin 2025, les principaux acteurs de la filière ont assisté à la présentation officielle d’une feuille de route nationale de décarbonation du secteur cimentier, élaborée par des partenaires techniques tels que le Climate Technology Centre and Network (CTCN) des Nations Unies, l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), la Global Cement and Concrete Association (GCCA), avec l’expertise du cabinet Cementis.

Cette feuille de route propose deux leviers majeurs : la réduction du facteur clinker et l’usage accru de combustibles alternatifs. La première approche consiste à adopter à grande échelle le ciment LC3 (Limestone Calcined Clay Cement), fabriqué à partir d’argile calcinée, une ressource locale abondante. Ce ciment permettrait de réduire jusqu’à 40 % les émissions de CO₂ sans altérer les performances techniques. L’objectif est de faire passer la teneur en clinker de 65 % actuellement à 40 % d’ici 2050.

Vue d’ensemble des participants à la réunion

En parallèle, le recours aux combustibles alternatifs (déchets agricoles ou municipaux) constitue un deuxième levier structurant. Inspirée des modèles européens (où les taux de substitution thermique atteignent jusqu’à 90 %), cette pratique pourrait offrir au secteur togolais un potentiel important de réduction d’émissions, tout en contribuant à la valorisation locale des déchets.

Laurent Grimmeissen, managing partner chez le cabinet Cementis

Selon Laurent Grimmeissen, managing partner chez le cabinet Cementis qui a présenté le document : « L’industrie cimentière, souvent pointée du doigt pour ses émissions, détient pourtant un potentiel unique de réduction, voire d’élimination, de son empreinte carbone. Il est illusoire d’envisager de s’en passer aujourd’hui ; nous devons donc concentrer nos efforts sur la transition. Les solutions sont disponibles et adaptées au contexte togolais, mais nécessitent un accompagnement réglementaire fort. »

Les industriels présents, dont le groupe Heidelberg Materials Togo ont exprimé leur adhésion à cette feuille de route. M. Somuah Ebenezer, directeur général de Heidelberg Materials Togo, a insisté sur les investissements déjà engagés pour intégrer les combustibles alternatifs et sur la volonté du groupe d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Emmanuella Kpetigo, responsable RSE et ESG de la Fondation du groupe Heidelberg Materials Togo

Emmanuella Kpetigo, responsable RSE et ESG de la Fondation du groupe Heidelberg Materials Togo affirme que cette feuille de route est un outil structurant.

« Nous avons commencé la substitution du charbon et accélérons notre transition vers un modèle plus durable. Notre objectif reste la neutralité carbone à l’horizon 2050.  »

Mme Yaou Méry, directrice de l’Environnement

Le gouvernement, représenté par Mme Yaou Méry, directrice de l’Environnement au ministère de l’Environnement, a salué cet engagement collectif: « Nous nous réjouissons de voir le secteur privé s’approprier ces enjeux et travailler en cohérence avec les priorités nationales et internationales. Le gouvernement accompagnera ces efforts en améliorant le cadre réglementaire et en favorisant l’introduction de technologies moins polluantes. »

Avec cette feuille de route désormais adoptée, l’industrie cimentière togolaise s’équipe d’une vision claire et d’outils concrets pour transformer l’un des secteurs les plus émetteurs en moteur d’actions climatiques. Ces engagements ouvrent la voie vers une économie bas carbone et plus résiliente d’ici 2050.

Par Hector NAMMANGUE 

- Publicité -spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

lire la suite

Articles récents