C’est bel et bien la pensée d’Aimé-Félix DZAMAH, président d’ECOVIE, une entreprise d’économie sociale et solidaire sur le maraîchage agro écologique. Le responsable de programme auprès d’Entrepreneurs du Monde trouve que le mode de conduite d’élevage transhumant valorise quasi exclusivement que la biomasse végétale spontanée.
« Ce type d’élevage ne donne pas lieu à une production agricole dans le but de fournir un complément alimentaire aux animaux. Les bovins dans ce cas précis ne sont pas en concurrence directe avec les humains par rapport aux productions agricoles et alimentaires ce qui est le cas dans les modèles d’élevage intensifs en stabulation. », raconte-t-il.
Pour exemple affirme-t-il « L’impact sur l’environnement du modèle agricole prédominant au Brésil n’est plus à mettre en évidence. Il est à noter tout simplement une exportation vers le Brésil des surfaces agricoles utiles à la production de complément alimentaire nécessaire à l’élevage français. Il s’agit d’un déplacement d’une partie des impacts sur l’environnement qu’aurait eu l’élevage français intensif vers le Brésil. »
A en croire ses explications, une sédentarisation des éleveurs transhumants de bovins notamment « Peulhs » passant par une stabulation de leurs animaux signerait la fin d’un élevage éminemment écologique et d’une performance économique inégalée.
Aussi précise-t-il « Les éleveurs transhumants ont historiquement participé à la valorisation économique des espaces que les communautés agricoles ont anciennement taxées d’inculte ou difficilement valorisable par l’agriculture. »
Et d’ajouter « Les bovins transhumant (taurins et zébus) transforment en kilogramme de viande les kilogrammes de biomasse végétale spontanées ingurgités sur les espaces dits incultes. La viande de bœuf transhumant est l’une des seules viandes qui ne subit pas la concurrence des produits carnés importés hors d’Afrique. »
Il soutient que sur aucun marché populaire du Togo, on ne trouve de viande de bœuf congelé importé.
« La faible quantité de viande de bœuf importée se retrouve dans les supermarchés. La viande de bœuf transhumant défie la concurrence internationale de production bovine. Par leur passage sur les différents espaces, les éleveurs transhumants ont toujours participé à la reproduction de la fertilité des sols à travers les déjections animales laissées sur les zones de pâtures et de parcages. Les orientations politiques qui les contraindraient à rester dans des zones fermées annihileraient le rôle économique et écologique joués par ce modèle d’élevage transhumant. »,explique-t-il.





