Dans une étude publiée en début d’année 2026 dans la revue Earth, Biré Kemedou Pélagie Kolou, chercheure au Centre d’excellence pour les villes durables en Afrique (CERViDA-DOUNEDON) de l’université de Lomé, et ses co-auteurs montrent que la partie occidentale de la région des Plateaux, l’un des principaux bassins de production alimentaire du Togo, est particulièrement vulnérable à la variabilité climatique.
Selon les auteurs, cette région, où plus de 60 % de la population dépend de l’agriculture pour ses revenus, repose presque entièrement sur une agriculture pluviale. Le maïs, le manioc, l’igname, le niébé et le riz y constituent les principales cultures vivrières. Leur production est étroitement liée au rythme des saisons des pluies, désormais de plus en plus perturbé par le changement climatique.
L’étude rappelle que les observations de terrain montrent que le maïs, l’igname et le manioc sont principalement cultivés durant la grande saison des pluies, tandis que le niébé est davantage produit pendant la petite saison pluvieuse. Le riz, lui, n’est généralement cultivé que pendant cette courte saison, sauf dans quelques localités disposant de périmètres irrigués.
Les chercheurs s’appuient également sur la quatrième Communication nationale du Togo sur les changements climatiques, qui fait état d’une dégradation progressive des conditions climatiques dans cette partie du pays. Cette évolution affecte les rendements agricoles et affaiblit la résilience des exploitations familiales, encore largement dépendantes des précipitations et faiblement mécanisées.
Les travaux de Biré Kemedou Pélagie Kolou mettent également en évidence une transformation du régime climatique dans les Plateaux Ouest.
Les auteurs observent que cette région, autrefois caractérisée par un climat subéquatorial, connaît progressivement une influence plus marquée du climat tropical, modifiant les cycles agricoles et les calendriers culturaux.
Pour la chercheure et ses collaborateurs, l’objectif de cette étude est de mieux comprendre les effets de la variabilité saisonnière sur les principales cultures vivrières afin de fournir aux autorités nationales et locales des bases scientifiques solides pour élaborer des stratégies d’adaptation.
Les auteurs estiment que la prise en compte des nouvelles dynamiques climatiques est indispensable pour maintenir la production alimentaire et renforcer la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique.





