Selon les Nations Unies la population mondiale en 2021 s’élevait à 7,8 milliards et serait à 9,8 milliards d’habitants en 2050, dont la majorité se concentrerait en ville (56% selon la Banque mondiale en 2020 devrait augmenter à 67% en 2050). Cette forte urbanisation pose souvent l’enjeu de la sécurité alimentaire.
D’après la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) il serait impératif d’augmenter à 70% la production alimentaire mondiale. Cela nécessite d’importantes ressources en terres avec un climat et un sol permettant la polyculture. Alors que cela n’est toujours pas le cas. Face à cette inquiétude, les Nations Unies ont mis en place les enjeux suivants : réduire l’artificialisation des terres, cultiver durablement et changer les habitudes de consommation. Il est donc primordial de réinventer l’agriculture : d’où l’agriculture urbaine durable. En quoi est-elle une nécessité ?
L’agriculture urbaine est une agriculture qui se présente sous diverses formes : le maraichage sur les toits, fermes urbaines, jardins partagés, utilisation de parkings désaffectés pour produire des champignons ou des endives par exemple, l’écopâturage…
Même si cette agriculture ne parvient pas seule à nourrir la population urbaine, elle joue un grand rôle dans le développement urbain durable. Ainsi, d’après les travaux de V. Ambert:
-elle est bénéfique pour l’environnement, dans la mesure où elle permet une relocalisation d’une partie de la production en réduisant l’émission des gaz à effet de serre,
-elle crée des liens et d’emplois : l’agriculture urbaine crée des interactions sociales grâce aux personnes qui se rendent sur place pour entretenir la production. Elle participe aussi à un sentiment de fierté locale : la fierté de consommer ce que l’on a produit. C’est également un moyen de générer des emplois lorsque l’objectif est de vendre la production,
-elle permet une reconnexion à l’alimentation : à travers l’agriculture urbaine, les enfants apprendraient à cultiver des fruits, des légumes ou des herbes par exemple, à reconnaître ce qu’ils mangent, et seraient initiés au bien manger.
-elle rend la ville plus agréable : vers un nouvel aménagement de l’espace urbain. Cultiver en ville, c’est végétaliser les espaces, ce qui permet de refroidir la ville, tout en garantissant un côté esthétique. Plus de végétation, c’est aussi plus de biodiversité, qui se fait souvent rare en ville,
-elle permet l’apport des ressources économique : les exploitations peuvent tout à fait être rentables, et s’inscrire dans le cadre de véritables projets alimentaires de territoire, avec les consommateurs,
-elle offre des produits qualitatifs en circuit court : c’est une agriculture qui est censée mettre sur le marché des produits généralement bio et de qualités, avec d’importantes propriétés nutritionnelles, et en circuit court.
En définitive, nous pouvons dire que l’agriculture urbaine durable est cette agriculture qui, exempte des intrants chimiques, concourt au développement écologique des villes. C’est une nécessité aujourd’hui pour un développement urbain durable.
Par Dambou NIKOE





