La « Déclaration de Nairobi » fait des mécontents au sein de la société civile africaine

La « Déclaration de Nairobi » qui devait servir de « base à la position commune de l’Afrique dans le processus mondial sur le changement climatique jusqu’à la COP 28 et au-delà » suscite déjà des réactions contradictoires de la part des acteurs de la société civile Africaine.

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Parmi ceux qui se sont exprimé ce vendredi, dernier jour de la semaine africaine du climat au micro de Vert-Togo, figure Christian Hounkannou, Coordonnateur Régional Afrique de 350Africa.org, une organisation qui œuvre pour mettre fin à l’ère des combustibles fossiles et construire un monde d’énergie renouvelable communautaire pour tous. Il fait partie de ces acteurs de la société civile africaine venus faire entendre leur voix à Nairobi au Kenya.

Christian n’est pas allé par quatre chemins pour exprimer son mécontentement suite à cette déclaration. « Cette déclaration est arrivée après 3 jours de négociations. Et en tant que société civile, nous ne sommes pas très contents, parce que ce que nous avons obtenu ne répond véritablement pas aux attentes que nous avions en venant ici. Certainement il y a eu des débats sur beaucoup de choses qui se font par les pays, mais il y a aussi beaucoup de débats sur des fausses solutions que nous dénonçons. », a-t-il lancé.

Aussi a-t-il poursuivi, « l’Afrique fait aujourd’hui face au réchauffement climatique, à la crise climatique alors que nous émettons environ 4% des gaz à effet de serre. Nous subissons plus drastiquement même que les pays qui sont les premiers émetteurs de gaz à effet de serre. L’Afrique fait face beaucoup plus drastiquement aux conséquences et donc l’Afrique doit résolument se tourner vers des solutions réelles à la crise climatique. »

Le marché carbone, fausse solution

Pour l’acteur de la société civile, le marché carbone constitue une fausse solution. « Nous avions eu beaucoup de débats sur ce qu’on appelle le marché carbone, que nous estimons être une fausse solution. En réalité, nous avons eu beaucoup de débats sur des idées comme l’hydrogène, mais qui ne sont pas des solutions véritablement accessibles à moindre coût aux communautés africaines. L’Afrique est pauvre en énergie, mais elle est riche en solaire. Nous avons le soleil, que nous pouvons développer pour donner l’énergie à nos communautés parce que l’énergie, c’est la base du développement. Un pays qui n’a pas d’énergie n’est pas développé. »

Face à cette réalité, il propose que tous les pays africains s’inspirent du Kenya. « Le Kenya a un très bon exemple. 90% de l’énergie qui est utilisée ici vient du renouvelable et nous félicitons cela. Cet exemple doit être suivi par tous les pays africains, nous avons le solaire, nous avons l’éolien, nous avons l’hydroélectricité qu’il faut développer. C’est de cela que les communautés ont besoin. Ces sources d’énergie que je viens de citer aujourd’hui sont à moindre coût. Ce n’est pas plus cher qu’il y a 15 ans. »

Notons que le sommet de Nairobi a lancé quatre mois de réunions internationales abordant les questions climatiques, qui culmineront avec la conférence de l’ONU sur le climat (COP28) qui se tiendra à Dubaï en fin novembre. Une vive bataille sur la fin des énergies fossiles s’annonce.

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