La question mérite d’être posé étant donné que plus de 500 scientifiques et économistes ont adressé une lettre, jeudi 11 février, notamment à Joe Biden le président américain et la responsable européenne Ursula von der Leyen, pour mettre en garde contre l’utilisation de la biomasse forestière. Une information que nous tenons de nos confrères du Monde.
Selon les confrères, ces spécialistes affirment que recourir massivement à la biomasse forestière peut porter atteinte aux objectifs climatiques et à la biodiversité.
« Nous vous exhortons à ne pas porter atteinte à la fois aux objectifs climatiques et à la biodiversité en remplaçant la combustion fossile par le fait de brûler des arbres pour produire de l’énergie », écrivent les signataires, dont l’éminent biologiste américain Peter H. Raven.
A l’heure où le nouveau locataire de la Maison Blanche multiplie les initiatives visant à décarboner le secteur énergétique, et alors que la directive européenne sur les énergies renouvelables de 2018 est en cours de réexamen, ces scientifiques appellent les décideurs à mettre un terme aux subventions et aux dispositifs incitant à brûler du bois provenant de leurs forêts – ou de celle d’autres pays – à une échelle industrielle, dans le but de produire de la chaleur ou de l’électricité.
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« Les arbres ont plus de valeur vivants que morts », insistent-ils.
Ces dernières années, le secteur a connu une forte croissance. Selon un rapport du service scientifique de la Commission européenne publié en janvier, le recours à la biomasse forestière (bois sous forme de bûches ou granulés, sous-produits de l’exploitation forestière, rebuts des scieries, des papeteries…) pour la production d’énergie a augmenté de 34 % entre 2005 et 2018.
Au sein de l’Union européenne (UE), la production de granulés a également été multipliée par 100 en près de vingt ans, mais ne couvre toujours que deux tiers des besoins.
« L’Union européenne considère que la biomasse forestière est une énergie renouvelable et neutre en carbone, explique Wolfgang Cramer, directeur de recherche au CNRS, professeur d’écologie globale et signataire de la lettre.
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Mais ce n’est pas vrai à l’échelle de temps qui est importante pour éviter l’aggravation de la déstabilisation du climat. Un kg de carbone brûlé – peu importe d’où il vient – augmente la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Même si des forêts sont replantées, ce CO2 ne sera absorbé de nouveau que des décennies plus tard, une fois que les arbres auront repoussé.
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