Le vent souffle doucement sur la plage de Kpémé (village sur le littoral togolais), mais l’océan, lui, ne connaît pas de répit. Année après année, il grignote la côte, repoussant les pêcheurs toujours plus loin de leur espace de travail. Mensah, pêcheur depuis plus de vingt ans, se tient face à l’horizon, les pieds enfoncés dans un sable qui se fait rare. Il regarde la mer avec une inquiétude grandissante.
« Avant, on avait assez d’espace pour remonter nos collectes de pêche. On pouvait trier nos prises, les nettoyer et les préparer avant de les vendre. Mais aujourd’hui, c’est devenu impossible. L’érosion côtière nous a volé notre plage. »,confie à Vert-Togo Adjakey Mensah Roger, Secrétaire Général de la coopérative Assilassimé des pêcheurs à Kpémé.
Une activité bouleversée
Autrefois, la pêche était une fierté à Kpémé. Les hommes partaient en mer au lever du jour et revenaient quelques heures plus tard, leurs filets remplis. Sur la plage, les femmes et les enfants s’activaient à la préparation du poisson, tandis que les barques se reposaient sur le sable chaud. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de place pour tout cela.
Aussi ajoute t-il « On est souvent obligé d’aller directement à la maison avec nos poissons. Mais cela vient salir nos habitations, et ce n’est pas hygiénique. Avant, nous avions un espace bien défini pour travailler. Maintenant, tout est désorganisé. »
Sans infrastructure adaptée et avec un espace de travail qui disparaît, les pertes sont nombreuses. Certains poissons ne peuvent pas être conservés correctement, et d’autres finissent invendables, faute de conditions appropriées pour leur traitement.
L’urgence d’une action
Adjakey et les autres pêcheurs de Kpémé savent que le problème ne va pas disparaître tout seul. Ils voient chaque jour la mer avancer, engloutissant leurs souvenirs et leurs espoirs.
« L’érosion côtière a rétréci notre espace de travail. Aujourd’hui, nous lançons un appel aux autorités pour qu’elles se préoccupent de ce problème qui handicape notre activité. », lance t-il.
Le regard perdu dans l’infini bleu, Adjakey ne rêve que d’une chose : que la mer cesse enfin de dévorer sa plage, pour que lui et les siens puissent continuer à vivre de la pêche, comme leurs ancêtres avant eux.





