IPCC-65 : l’Afrique au cœur des enjeux de la science climatique mondiale

Réunie du 12 au 16 octobre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, la 65e session du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a notamment porté sur le calendrier et le budget du septième cycle d’évaluation scientifique (AR7).

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Pour l’Afrique, les discussions soulèvent un enjeu majeur : renforcer la participation de ses chercheurs et mieux intégrer les réalités du continent dans les connaissances scientifiques qui orientent les politiques climatiques mondiales.

La préparation du septième cycle d’évaluation du GIEC représente une étape importante pour la science climatique internationale. Au cours de l’IPCC-65, les discussions ont notamment concerné le calendrier et les ressources nécessaires à la réalisation de ce cycle, qui doit contribuer à approfondir les connaissances sur l’évolution du climat et ses conséquences.

Au-delà des questions de programmation et de financement, l’enjeu est aussi celui de la représentativité des travaux scientifiques. Comment garantir que les prochaines évaluations reposent sur des connaissances rigoureuses tout en tenant compte des réalités et des besoins des pays en développement ?

Pour l’Afrique, cette question est particulièrement importante. Le continent est confronté à de multiples risques climatiques, notamment les sécheresses, les inondations, les fortes chaleurs et les perturbations des systèmes agricoles. La disponibilité de données locales et de travaux scientifiques adaptés aux contextes nationaux et régionaux est essentielle pour mieux comprendre ces phénomènes et orienter les réponses.

Le calendrier de l’AR7 au cœur des désaccords

Les discussions de l’IPCC-65 ont toutefois achoppé sur la date de publication des trois contributions des groupes de travail au septième rapport d’évaluation (AR7). Ces rapports portent respectivement sur les bases physiques du changement climatique, ses impacts et les enjeux d’adaptation, ainsi que les options d’atténuation.

Le calendrier est déterminant, car les évaluations du GIEC doivent éclairer les décisions des gouvernements. Un retard pourrait compliquer leur prise en compte dans le deuxième bilan mondial des efforts climatiques prévu en 2028, dans le cadre de l’Accord de Paris.

Le 16 octobre, la session a été suspendue sans accord sur le calendrier de l’AR7 ni sur le budget de l’année à venir. Selon le Earth Negotiations Bulletin, la décision de suspension est intervenue après le départ de plusieurs représentants de pays en développement, notamment des pays les moins avancés et des petits États insulaires. La présidence du GIEC a indiqué que les travaux reprendraient à une date ultérieure.

La participation des pays en développement en question

Au cœur des débats figure la nécessité de concilier le respect des délais scientifiques et une participation effective des chercheurs issus des pays disposant de ressources limitées. Plusieurs pays, dont l’Inde, le Kenya, l’Arabie saoudite, la Russie et la Chine, ont défendu l’idée d’accorder davantage de temps à la préparation des prochains rapports afin de permettre aux scientifiques de ces pays de contribuer pleinement au processus. D’autres États ont insisté sur l’urgence de disposer des évaluations à temps pour les échéances climatiques internationales.

Pour les scientifiques africains, cette question rejoint celle des moyens disponibles pour mener des recherches, accéder aux données, participer aux rencontres internationales et contribuer aux travaux d’expertise. Le programme de bourses du GIEC constitue à cet égard un mécanisme de soutien important, dont le fonctionnement et les ressources ont également été inscrits parmi les sujets examinés lors de la session. Le fonds fiduciaire du GIEC contribue notamment à soutenir la participation d’experts des pays en développement.

Renforcer la place des chercheurs africains ne consiste donc pas uniquement à augmenter leur présence dans les instances internationales. Il s’agit aussi de favoriser la production de connaissances à partir des réalités locales, afin que les évaluations scientifiques rendent mieux compte des vulnérabilités, des capacités d’adaptation et des priorités des différents territoires.

Une science climatique plus représentative

Les travaux du GIEC constituent une référence majeure pour les gouvernements qui élaborent leurs politiques climatiques. Ses évaluations synthétisent les connaissances scientifiques disponibles sur le changement climatique, ses conséquences et les possibilités d’adaptation et d’atténuation. Elles reposent sur les contributions de nombreux experts et sont approuvées par les gouvernements membres.

Pour l’Afrique, l’enjeu est de faire en sorte que les prochaines évaluations prennent suffisamment en compte les données et les recherches menées sur le continent. Cela suppose de renforcer les capacités scientifiques locales, de faciliter la participation des chercheurs africains et de soutenir les mécanismes qui leur permettent de contribuer aux travaux internationaux.

La suspension de l’IPCC-65 laisse ces questions ouvertes. La reprise des discussions devra permettre de rapprocher les positions sur le calendrier et le financement de l’AR7, tout en préservant une participation effective des pays en développement.

La qualité de la science climatique mondiale dépend aussi de sa capacité à intégrer les connaissances et les expériences de tous les territoires. Pour l’Afrique, cette représentativité est essentielle afin que les décisions climatiques internationales reposent sur des évaluations pertinentes pour les réalités du continent.

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