Conscient des effets néfastes des changements climatiques sur son développement, le Togo avance de manière significative en intégrant les enjeux climatiques et environnementaux dans ses politiques publiques.
Après l’évaluation du Cadre de gestion des finances publiques sensibles au climat (PEFA Climat) , le Togo a élaboré son document de budget vert pour l’exercice 2024, premier dans la sous-région, le pays a sollicité auprès du Fonds Monétaire International (FMI), une évaluation dite « CPIMA » afin de renforcer sa gestion des investissements publics sous l’angle climatique.
Le jeudi 17 octobre 2024, à Lomé, les résultats de cette évaluation ont été présentés lors d’une réunion technique réunissant des directeurs de planification et des représentants de divers organismes publics.

Dans son introduction, Mme Valerie S. Akouvi KOUHOUE, point focal de la mission CPIMA, a souligné que cette évaluation a commencé depuis le 7 octobre 2024 pour une phase virtuelle et s’est poursuivi avec des réunions présentielles tout en évaluant la capacité des pays à gérer les infrastructures liées au climat.
Le C-PIMA s’articule autour de cinq piliers de la gestion des investissements publics qui sont essentiels pour des infrastructures sensibles au climat : la planification, la coordination au sein du gouvernement, l’évaluation et la sélection des projets, la budgétisation et la gestion du portefeuille, et la gestion des risques.
Conduite par une équipe du département des finances publiques du FMI, la mission C-PIMA avait pour objectif d’évaluer le degré d’intégration des enjeux climatiques dans les investissements publics au Togo. « Les évaluations C-PIMA visent à évaluer la gestion des investissements publics sous l’angle climatique. C’est à la demande du Ministre de l’Économie et des Finances que nous avons mené cette évaluation, qui nous a permis de diagnostiquer les pratiques en vigueur au Togo », a expliqué Madame Laura Gores, Conseillère en assistance technique au FMI et cheffe de mission.

Les résultats de cette mission soulignent les efforts du Togo dans la lutte contre le changement climatique, avec une politique environnementale exemplaire. À ce jour, le pays se distingue comme le seul en Afrique de l’Ouest à avoir élaboré un budget vert.
Le diagnostic a pris en compte une quinzaine de ministère avec l’utilisation de divers indicateurs. Chaque institution a été notée selon ces critères. En matière de planification nationale et sectorielle, le Togo a obtenu un score satisfaisant. Ses engagements internationaux en matière de climat s’intègrent harmonieusement dans les plans nationaux et les stratégies sectorielles. Les évaluateurs ont souligné la cohérence institutionnelle qui traduit une réelle force organisationnelle, garantissant ainsi l’application des engagements à différents niveaux.
Malgré ces réussites, la mission a relevé un manque d’institutionnalisation qui a impacté négativement la note du pays. En effet, les critères d’évaluation mettent l’accent sur la réglementation et les textes, qui ne suivent pas toujours la mise en œuvre des actions sur le terrain.
Sur la base des résultats obtenus, plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer le processus de budgétisation en cours. Les autorités togolaises, bien que conscientes que les résultats ne sont pas les meilleurs, ont exprimé leur satisfaction quant aux observations de la mission.
« Nous sommes globalement satisfaits, bien que les scores obtenus ne soient pas excellents. Cependant, par rapport à l’objectif initial, qui est de renforcer le processus, nous estimons que nous avons de bonnes recommandations, accompagnées d’un plan d’action et d’un chronogramme. Si nous mettons en œuvre ces recommandations, le Togo pourra obtenir de meilleurs résultats lors des futures évaluations », a déclaré SOVI Koku, Directeur des études et analyses budgétaires à la Direction générale du budget et des finances.

Les recommandations mettent en avant la nécessité d’évaluer les risques climatiques de manière quantitative et qualitative dans la budgétisation, d’analyser l’impact des catastrophes sur les infrastructures, et de renforcer la prise en compte du climat dans l’évaluation et la sélection des projets, notamment dans le secteur des BTP. Il a également été recommandé de consolider le cadre juridique pour mieux intégrer les enjeux liés aux changements climatiques.
Le C-PIMA est une évaluation qui aide les gouvernements à identifier les améliorations nécessaires dans les institutions et les processus d’investissement public afin de construire des infrastructures à faible émission de carbone et résilientes au climat.
Par Akissa YOTOU





