Germain Assih alerte sur la dégradation des paysages forestiers dans l’Est-Mono

Étudiant ingénieur en foresterie et changement climatique, Germain Eyana Assih a défendu mardi 3 mars dernier, lors de sa soutenance, un travail de recherche consacré à l’évaluation de la dégradation des paysages forestiers et à la résilience des espèces ligneuses dans la préfecture de Est-Mono. À travers cette étude, le jeune chercheur met en lumière les défis environnementaux majeurs auxquels fait face cette zone, tout en proposant des solutions concrètes de restauration adaptées aux réalités locales.

vert-togo2
vert-togo

Située dans une région fortement exposée aux effets des changements climatiques, l’Est-Mono subit la dégradation des terres, la sécheresse, les inondations, la hausse des températures ainsi que l’irrégularité des pluies. Ce contexte a motivé le choix de cette zone d’étude, également marquée par la présence d’initiatives en cours, en faisant un espace stratégique pour approfondir les recherches.

Germain Assih lors de sa présentation à l’université de Lomé

Pour conduire son analyse, Germain Assih a adopté une méthodologie combinant outils scientifiques et approche participative. Il a d’abord procédé à une cartographie des sites dégradés afin d’identifier les niveaux de dégradation.

Des enquêtes socio-économiques ont ensuite été menées auprès des communautés locales pour recueillir leur perception des changements observés au cours des trente dernières années. L’étude s’est également appuyée sur l’analyse des causes de dégradation, l’identification des pratiques endogènes de conservation et des inventaires floristiques et forestiers réalisés selon le dispositif du premier inventaire forestier national du Togo.

Les résultats obtenus dressent un constat préoccupant : plus de 80 % de la zone est dominée par les savanes, les jachères et les zones de culture, tandis que la couverture forestière reste faible. Le niveau de dégradation dépasse 82 % de la superficie totale, exposant fortement la région aux aléas climatiques. Toutefois, l’étude révèle également une certaine capacité de résilience écologique, soutenue par les pratiques locales.

Face à cette situation, le chercheur recommande le renforcement de la régénération naturelle assistée, notamment dans les savanes et les jachères, la promotion de l’agroforesterie avec l’intégration d’espèces utiles dans les champs, ainsi que le reboisement avec des espèces locales résilientes adaptées aux différents niveaux de dégradation. Parmi les espèces proposées figurent Anogeissus leiocarpa, Vitellaria paradoxa, Parkia biglobosa et Anacardium occidentale.

Des espèces à statut préoccupant telles que Pterocarpus erinaceus, Khaya senegalensis, Afzelia africana et Milicia excelsa sont également à prendre en compte dans les stratégies de conservation.

Menée sur une superficie de 2 599 km², cette étude s’inscrit dans le cadre du projet EbA4UNgoals, avec l’appui de l’Université de Lomé, du ministère de l’Environnement et de l’ONG JVE. Elle constitue un outil d’aide à la décision pour les autorités publiques et les collectivités locales, en vue d’orienter efficacement les actions de restauration des paysages forestiers.

Au-delà des résultats scientifiques, Germain Assih insiste sur un point essentiel : l’implication des communautés locales. Selon lui, leur participation est indispensable pour assurer la réussite et la durabilité des projets de restauration, contribuant ainsi aux objectifs de développement durable, notamment l’ODD 13 et l’ODD 15.

- Publicité -spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

lire la suite

Articles récents