Géo-ingénierie : un plaidoyer pour une voix africaine

Face à la montée des débats sur la géo-ingénierie dans les négociations climatiques internationales, le chercheur ghanéen en climatologie Yesutanbul Amos Nkpeebo, de l’Université de Kenyatta (Kenya), estime que l’Afrique doit dépasser les déclarations de principe et défendre activement sa position dans les instances mondiales de décision.

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Intervenant lors de l’École de la justice climatique et environnementale organisée à Lomé, il a souligné que les discussions sur la géo-ingénierie ne peuvent se limiter à la compréhension des technologies proposées pour lutter contre le changement climatique. Elles doivent également porter sur les acteurs qui les promeuvent, les risques qu’elles présentent et les lieux où les décisions sont prises.

Pour le chercheur, l’enjeu est désormais de transformer la position africaine en une voix influente au niveau international.

« Ce que nous voulons, c’est faire de la position africaine une position mondiale », a-t-il déclaré, appelant les organisations de la société civile à renforcer leurs actions de plaidoyer.

Selon lui, les positions adoptées par les États africains doivent être davantage portées dans les grandes enceintes internationales, notamment lors des négociations climatiques et environnementales des Nations unies. Les organisations de la société civile ont un rôle essentiel à jouer en utilisant les décisions prises au niveau continental pour interpeller les décideurs et défendre les intérêts du continent.

L’inaction, un risque majeur

Au-delà des controverses entourant les technologies de géo-ingénierie, Yesutanbul Amos Nkpeebo estime que le danger le plus important reste l’absence d’action face à la crise climatique.  « Le plus grand risque parmi tous les risques est l’inaction », a-t-il insisté.

Il rappelle que les effets du changement climatique ne relèvent plus d’un scénario futur : ils affectent déjà les populations africaines, notamment les agriculteurs confrontés à la variabilité des saisons, aux sécheresses et aux inondations. Ne rien faire reviendrait, selon lui, à maintenir le statu quo, à laisser perdurer les émissions de gaz à effet de serre et à ouvrir davantage la voie aux solutions technologiques controversées sans véritable débat.

Associer les communautés aux décisions

Le chercheur a également insisté sur la nécessité d’une gouvernance plus inclusive. Les discussions sur la géo-ingénierie ne doivent pas être réservées aux scientifiques ou aux gouvernements. Les communautés, les organisations de la société civile et les médias doivent être associés aux processus de décision afin que les choix opérés tiennent compte des réalités locales.

Il a notamment cité les grandes rencontres internationales, comme l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, comme des espaces où les acteurs africains peuvent faire entendre leurs préoccupations et influencer les décisions.

À travers son intervention à Lomé, Yesutanbul Amos Nkpeebo a lancé un appel clair : face aux incertitudes liées à la géo-ingénierie et à l’urgence climatique, l’Afrique doit transformer ses positions politiques en actions concrètes de plaidoyer et renforcer sa présence dans les espaces où se décide l’avenir de la gouvernance climatique mondiale.

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