Renforcer les compétences des acteurs impliqués dans la gestion des aires protégées et des forêts communautaires a fait l’objet d’une formation déterminante, du mardi 14 janvier au vendredi 17 janvier dernier à Lomé.
Organisé par le ministère de l’environnement et des ressources forestières dans le cadre du Programme d’Appui à la Lutte contre le Changement Climatique, la protection de la biodiversité et l’agroécologie (PALCC+) et financé par l’Union Européenne (UE), cette initiative visait à introduire et à maîtriser l’outil IMET (Integrated Management Effectiveness Tool), un instrument clé pour évaluer l’efficacité de gestion des aires protégées.
Un outil au service de la durabilité
L’outil IMET, développé par le Centre Commun de Recherche de la Commission Européenne (JRC), est librement accessible et largement adopté en Afrique de l’Ouest et centrale pour optimiser la gestion des aires protégées.

Silvia FAVRET, Cheffe d’Équipe Investissements Durables de la Délégation de l’Union européenne au Togo, a souligné l’importance stratégique de cet outil : « IMET, ce sera, j’espère, un outil qui continuera à être utilisé ici au Togo. C’est un outil européen, libre et téléchargeable. Cette semaine, le but était vraiment de rendre cet outil accessible en termes de compétences à un groupe de potentiels coachs, formateurs, et référents qui auront aussi la responsabilité de faire vivre et développer cet outil au Togo. Cette formation visait à aider à la gestion des aires protégées, mais aussi à enrichir les participants sur le plan personnel et professionnel. Une vision qui s’aligne avec l’objectif du Togo d’atteindre 30 % de couverture forestière d’ici 2050, tel que stipulé dans sa politique forestière adoptée en juin 2023. »
Renforcer la gestion locale et communautaire
Selon ATSRI Honam, coordonnateur du PALCC+, l’outil IMET permettra de mieux planifier, prioriser et évaluer les efforts de gestion. « Nous mobilisons les conservateurs et les communautés impliquées dans la gestion des forêts communautaires avoisinantes. L’objectif principal est d’améliorer la compréhension des éléments du cycle de gestion des aires protégées et de former les participants à l’utilisation de l’outil IMET pour évaluer et orienter la gestion. », a-t-il déclaré.

Les aires protégées ciblées incluent la réserve de faune d’Abdoulaye, le parc national Fazao-Malfakassa, le complexe Togodo, ainsi que deux forêts communautaires : la forêt d’Alibi 1 et les mares des hippopotames d’Afito.
Une mission de terrain d’environ 25 jours sera lancée pour évaluer ces sites. Elle impliquera divers acteurs, notamment les communes, ONG, populations locales et partenaires techniques. Les résultats serviront de référence pour réajuster les pratiques tous les deux ans.

Silvia FAVRET a ajouté : « Nous serons très intéressés de suivre, aux côtés du gouvernement togolais, les prochaines étapes de cette formation. Il faudra sans doute traduire certains concepts d’IMET pour les rendre accessibles aux populations locales, mais nous espérons que cette évaluation initiale posera des bases solides pour une gestion améliorée des aires protégées. »
Pour Akakpo Yao , Président de l’Association pour la Conservation et la Valorisation des Mares aux hippopotames d’Afito ( ACVM d’Afito) , cette formation lui a permis de comprendre l’importance de l’outil IMET pour mieux transmettre l’information avec les membres de son association. « Avec cet outil, nous pouvons désormais évaluer nos actions, identifier nos forces et corriger nos faiblesses. Cela nous motive à travailler de manière plus organisée et à impliquer davantage la communauté pour préserver nos ressources à Afito. »
Grâce à l’outil IMET et aux compétences acquises, le Togo renforce sa capacité à gérer durablement ses ressources naturelles tout en impliquant activement les communautés locales. Cette initiative marque une avancée significative dans la conservation de la biodiversité et le développement d’une économie verte.





