Environnement : Cris de l’érosion côtière en Afrique de l’ouest 

A l’aune de la vulnérabilité des communautés face aux défis de l’érosion côtière

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L’érosion côtière menace chaque jour un peu plus les communautés locales, ravageant les terres agricoles, les habitations et les infrastructures essentielles. Les résultats des recherches scientifiques indiquent que sans intervention, certaines régions pourraient perdre en moyenne entre 5 et 10 mètres de côte par an, mettant en danger les moyens de subsistance et les infrastructures vitales. Face à cette situation, le projet WACA (West Africa Coastal Areas) a été initié pour aider les pays comme le Bénin et le Togo, où l’impact de l’érosion est perceptible et sévère, à faire face à ce défi majeur. WACA y déploie des actions cruciales pour protéger les côtes et améliorer la résilience des populations vulnérables. Cette enquête conjointe, financée par la bourse de la Conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones, explore les réussites, les défis et les perspectives de cette initiative.

Par Hippolyte Agossou et Hector Nammangue

 Phénomène alarmant, l’érosion côtière affecte gravement les pays d’Afrique de l’Ouest. Le long de cette bande littorale, des milliers de kilomètres de côtes sont menacés par la montée des eaux, l’érosion et l’augmentation de la fréquence des tempêtes. Ces phénomènes ont des conséquences dévastatrices, entraînant la perte de terres agricoles fertiles, la destruction d’habitations et d’infrastructures essentielles, ainsi que le déplacement de populations entières. Le Bénin et le Togo figurent parmi les pays les plus touchés. Au Bénin, des zones telles que Grand-Popo et Cotonou subissent une érosion rapide, menaçant non seulement les terres, mais aussi les moyens de subsistance de milliers de personnes.

 De même, au Togo, des régions côtières comme Aného et Lomé voient leurs plages disparaître, mettant en danger les communautés locales et leur économie. Face à cette situation critique, le projet WACA, lancé par la Banque mondiale en partenariat avec plusieurs gouvernements africains, a pour objectif principal de soutenir les pays d’Afrique de l’Ouest dans leurs efforts pour gérer et atténuer les effets de l’érosion côtière. Il vise à renforcer la résilience des communautés côtières, protéger les infrastructures et promouvoir une gestion durable des zones côtières.

Menace croissante pour les terres, les vies et les moyens de subsistance

Les côtes du Bénin et du Togo figurent parmi les plus vulnérables. « C’est une véritable course contre-la-montre », indique l’océanographe Cossi Georges Degbe, avant d’ajouter que le Bénin perd chaque année environ 30 mètres de son littoral.

Éric Agbla, un pêcheur de 43 ans, n’en revient pas des pertes dues à l’érosion. Né à Avlo, Agbla n’est peut-être pas familier avec l’océanographie ni la climatologie, mais il tient compte de quelques indicateurs propres à lui et de sa mémoire d’éléphant pour illustrer l’avancée de la mer. Par un geste de la main tendue, accompagné de ses propos, il explique : « Notre église était quelque part ici et l’école du village était située par-là« , dit-il en montrant la mer du doigt. « Nous avions l’habitude de jouer quelque part ici dans notre enfance« , ajoute-t-il en faisant un geste vers une autre zone où les grosses vagues s’élèvent désormais.

Erosion côtière au Bénin (Grand Popo), juin 2024 Image Agossou Hippolyte

Entre 2010 et 2020, plus de 2 500 hectares de terres agricoles ont été submergés ou dégradés, affectant des milliers de personnes et entraînant des déplacements internes importants. Les infrastructures essentielles, telles que des routes, des écoles et des maisons, ont été détruites.

Les impacts de l’érosion côtière sont graves pour les communautés locales. À Agbodrafo, plus de 500 maisons ont été détruites par les vagues en 2018, obligeant les familles à se reloger. Au Bénin, les villages de Togbin et Avlo ont vu leurs écoles et centres de santé détruits, perturbant l’éducation et les services de santé pour des centaines d’enfants et de familles. Les pêcheurs, dont les moyens de subsistance dépendent de la proximité des côtes, voient leur situation devenir de plus en plus précaire face à cette menace croissante.

Sur les rives de la plage de Lomé, le village d’Agbavi, autrefois florissant et situé à 20,3 km de la capitale, est aujourd’hui un terrain de désolation. Togbui Agbavi Koulahanawo Koffi III, chef du village, se tient devant ce qui reste de sa communauté, observant les vagues déferlantes qui grignotent inexorablement la terre de ses ancêtres. « Nous perdons notre maison, notre terre, notre vie. Chaque marée haute nous rapproche un peu plus de la destruction totale », confie-t-il, la voix tremblante de chagrin et de colère.

L’originaire d’Agbavi ajoute : « De 2011 à 2013, la montée de la mer a détruit nos maisons, nos champs et aujourd’hui plusieurs personnes du village sont devenues locataires. Nous, qui sommes les propriétaires des terrains, n’avons plus de terrains ni de maisons »

Loin d’être un cas isolé, la commune de Baguida, dont le village de Doèvi Kopé situé à 10 km du centre-ville de Lomé subit également d’une manière exacerbée les ravages de la mer. En effet, sur le plan environnemental, l’érosion côtière a entraîné la disparition d’une grande partie du territoire du village, obligeant 86% de la population à changer de domicile au moins 4 fois sur les 8 dernières années.

Selon une étude de l’ONG Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF) intitulée « Togo/ Erosion côtière : Les femmes et jeunes filles du village de Doèvi Kopé très fragilisées » publiée en décembre 2020, les prévisions prédisent des hausses importantes du niveau de la mer dans les prochaines décennies.

Erosion côtière au Togo village Doèvi kopé Mai 2024, IMG Hector NAMMANGUE

Lawè, 20 ans, native de Doèvi Kopé, a connu des déménagements incessants qui ont perturbé son éducation scolaire. « Ma vie a été marquée par des déménagements incessants et la perte de nos biens à cause de l’envahissement de la mer. Je suis orpheline de père, et cela n’a pas facilité les choses. Chaque fois que nous étions obligés de quitter notre maison, c’était une perturbation de mes études. La mer avançait inexorablement, emportant avec elle tout ce que nous possédions. J’ai dû me déplacer six fois déjà. Chaque nouveau déménagement signifie laisser derrière nous une partie de notre vie, nos souvenirs, et tout ce que nous avons construit », raconte-t-elle, la gorge nouée.

Progrès du Projet Waca, protection côtière, reforestation et développement communautaire

Face à ce désastre, le projet d’Investissement pour la Résilience des Zones Côtières de l’Afrique de l’Ouest (WACA), financé à hauteur de 594 millions de dollars par la Banque mondiale, a fait renaître l’espoir dans les pays participants. Il vise à évaluer et à réduire les risques et impacts de l’érosion côtière, en collectant des données précises pour mieux cibler les actions nécessaires.

Le projet est mis en œuvre en accord avec les gouvernements à travers diverses initiatives visant à renforcer la résilience des populations riveraines. Sur la côte du Bénin, huit épis, espacés de 300 mètres, ont été érigés pour freiner ce phénomène naturel. Ces épis mesurent 75 mètres de longueur, avec une profondeur moyenne de 1,5 mètre par rapport au niveau moyen de l’océan. Les casiers inter-épis sont suffisamment rechargés en sable pour renforcer la résistance des ouvrages.

Parlant du projet WACA, Esquill Outiclissou, cadre de la Direction générale de l’environnement et du climat du Bénin, déclare : « C’est un grand projet qui protège un segment transfrontalier, et nous attaquons maintenant segment par segment selon le plan d’attaque que le gouvernement a élaboré. Les segments qui sont encore vulnérables sont étudiés et seront traités au moment opportun. »

Sur environ deux kilomètres, sept nouveaux épis ont été alignés les uns après les autres. Construits par l’entreprise Boskalis International BV, grâce au financement du gouvernement togolais et de la Banque mondiale, ces ouvrages de protection sont séparés par des casiers de trois cent cinquante mètres, rechargés en sable prélevé dans la mer à une dizaine de kilomètres des côtes.

Vue d’ensemble des épis sur la côte togolaise IMG WACA TOGO

« Ces 7 nouveaux épis sont des épis courts de longueur variable entre 65 et 75 mètres, qui ont été préférés à la solution douce de rechargement massif de sable réalisée à Grand-Popo. Ce choix des épis courts au Togo n’est pas anodin. Il tient compte de la dérive naturelle des sédiments, qui va de l’Ouest vers l’Est », explique M. Eusébio César, ingénieur senior en génie côtier pour WACA Togo.

À cela s’ajoutent des mesures de renforcement des capacités des populations riveraines. Précisément dans les communes du département du Mono, le projet renforce les capacités des communautés locales en les formant à des pratiques agricoles durables et à des techniques de gestion des ressources naturelles. Le projet WACA s’efforce également, selon les autorités togolaises, d’améliorer la coordination et la gouvernance en facilitant la collaboration entre gouvernements, organisations internationales, ONG et communautés locales pour une gestion intégrée et efficace des zones côtières. Au Bénin et au Togo, le projet soutient des initiatives spécifiques adaptées aux réalités locales.

Au Togo, des projets de reforestation des mangroves et de construction de brise-lames ont été adoptés pour atténuer les effets de l’érosion.

En effet, près de 87 hectares de mangroves sont protégés et conservés dans l’aire communautaire de conservation de la biodiversité de Togbin Adounko au Bénin, et près de 257 hectares de mangroves sont restaurés au Togo. Ces solutions protègent les berges lagunaires contre l’érosion, restaurent la faune aquatique, préservent la biodiversité, et contribuent à la séquestration du carbone.

L’érosion des côtes, un processus naturel généralement exacerbé par les activités humaines telles que l’extraction de sable et la construction près des plages, se révèle aujourd’hui être un défi majeur dans ces régions.

Dr Adou Rahim Alimi, coordonnateur du projet WACA au Togo.

« Il s’est agi, en effet, de travaux d’enrochement qui ont permis l’engraissement artificiel de la plage avec une augmentation de la capacité à protéger la côte, en absorbant l’énergie des vagues et en luttant contre l’avancée de la mer. Ce qui a renforcé, durablement, la résilience socioéconomique de la zone du littoral et la préservation de ses écosystèmes associés », explique Dr Adou Rahim Alimi, coordonnateur du projet WACA au Togo.

Les chercheurs de l’université de Liège, avec à leur tête le professeur François Gemene, estiment que sans intervention, certaines régions pourraient perdre en moyenne entre 5 et 10 mètres de côte par an, mettant en péril les moyens de subsistance des populations locales et les infrastructures essentielles.

Impact de l’érosion côtière sur la plage de Grand Popo/ IMG Hippolyte Agossou

Le projet WACA représente également une collaboration entre divers acteurs, incluant les gouvernements, les ONG et les communautés locales. Bien que ces acteurs aient des rôles complémentaires, des problèmes de communication et de coordination se posent parfois.

Environ 40 % des projets similaires rencontrent des difficultés de collaboration, ce qui peut ralentir la mise en œuvre des actions prévues. Le financement constitue également un défi majeur, avec un budget total de 200 millions de dollars USD pour l’ensemble de la région. La gestion budgétaire est cruciale, car les coûts des infrastructures côtières augmentent de 5 à 10 % par an. De plus, des défis logistiques et techniques, tels que l’approvisionnement en matériaux et la formation des équipes, compliquent la réalisation des objectifs.

Le programme WACA a permis de financer des travaux d’urgence pour protéger les communautés locales Togolaises. Un segment de 1580 mètres entre Gbodjomé et Agbodrafo a ainsi été renforcé, protégeant 940 ménages contre l’érosion côtière. Globalement, 8736 ménages ont été protégés grâce aux ouvrages de protection côtière mis en place.

De plus, 2168 ménages ont bénéficié de mesures de lutte contre les inondations, et 5946 ménages ont été protégés contre la pollution par la mise en place de latrines, le renforcement de la voirie et les ouvrages d’assainissement. Ces actions ont considérablement réduit les risques sanitaires et environnementaux pour ces populations.

Analyse des mesures prises par le projet WACA

Le projet WACA a déployé plusieurs initiatives essentielles pour protéger les côtes du Bénin et du Togo contre l’érosion côtière. Parmi ces initiatives, la reforestation de mangroves figure en pole position, couvrant environ 1000 hectares. Cette initiative vise à stabiliser les sols côtiers à travers les racines des mangroves pour réduire l’érosion et créer des habitats pour la faune aquatique. Les mangroves jouent un rôle clé en réduisant l’impact des vagues et des houles, limitant ainsi les forces des vagues avant qu’elles n’atteignent les côtes.

Par ailleurs, le projet a aussi érigé des brise-lames pour atténuer les effets directs des vagues sur les côtes. Ces structures, faites principalement de pierres, servent à dissiper l’énergie des vagues et réduisent leur impact, protégeant ainsi les infrastructures côtières existantes.

Du côté du Bénin, par exemple, dans la région de Grand-Popo, des épis ont été érigés par l’entreprise néerlandaise Boskalis International à des fins de protection des zones les plus vulnérables. Antoine Akpeyomi, un jeune de 34 ans vivant sur la côte dans l’arrondissement d’Agoué, témoigne que ces infrastructures leur apportent un certain soulagement : « Ici, nous dormons la peur au ventre, parce que l’on peut se réveiller le lendemain dans l’eau. Mais avec cette technologie, on peut souffler, sachant que l’arrivée de l’eau sera fortement retardée. »

Ces infrastructures, constituées de matériaux variés comme les pierres, le béton ou les enrochements, empêchent l’eau de mer de pénétrer dans les zones urbaines et agricoles, réduisant ainsi le risque d’inondation. Les épis, construits perpendiculairement à la côte, piègent les sédiments transportés par les courants marins, ce qui aide à limiter l’érosion et favorise la formation de plages. Si Antoine est désormais confiant, ce n’est pas le cas de Dame Marie Kintohoué, une quinquagénaire du même arrondissement, qui souligne que l’efficacité de ces ouvrages dépendra de la qualité des travaux et du dosage des constituants : « Vivement que le dosage des constituants permette réellement d’installer des infrastructures à la hauteur de la riposte. De toutes façons, les années à venir témoigneront de l’efficacité des installations. »

Les mesures d’adaptation mises en place devraient permettre de réduire l’érosion côtière dans des zones sensibles, avec un taux de réduction allant jusqu’à 60 %. Cette réduction significative résultera de l’efficacité combinée des différentes mesures de protection ainsi que de la gestion durable des écosystèmes côtiers.

En grande majorité, les populations riveraines de la côte expriment leur satisfaction. À l’heure actuelle, elles constatent une amélioration notable de la protection de leurs habitations et de leurs terres agricoles. De plus, les formations dispensées dans le cadre du projet ont permis aux membres des communautés de mieux comprendre les risques liés à l’érosion et de gérer efficacement ces risques. Les compétences acquises grâce à ces formations ont renforcé leur résilience face aux défis posés par l’érosion côtière et les événements climatiques extrêmes. En somme, les efforts du projet WACA ont contribué à la protection d’une grande partie des côtes du Bénin et du Togo, en intégrant des mesures de reforestation, des infrastructures de protection et un renforcement des capacités communautaires, tout en améliorant la sécurité et la résilience des communautés côtières face aux risques d’érosion.

Témoignages des communautés affectées

Les habitants des régions côtières du Bénin et du Togo vivent quotidiennement les effets dévastateurs de l’érosion côtière. À Grand-Popo, au Bénin, la situation est particulièrement alarmante. En l’espace de quelques décennies, près de 200 mètres de côte ont été engloutis par la mer, menaçant directement les habitations et les terres agricoles. Les pêcheurs de cette région, autrefois prospères, voient leurs prises diminuer considérablement en raison de la dégradation des habitats marins.

Leurs témoignages reflètent une perte de revenus dramatique, liée à l’effondrement des écosystèmes marins. En parallèle, les agriculteurs luttent contre la salinisation croissante des sols, ce qui réduit drastiquement leurs récoltes et augmente leur vulnérabilité économique. De nombreuses familles se voient contraintes de se déplacer, laissant derrière elles non seulement leurs maisons, mais aussi leur communauté et leurs moyens de subsistance.

Cependant, avec le démarrage du projet WACA, certains témoignages indiquent un retour progressif à la normale. C’est le cas de Koffi, un pêcheur béninois : « Grâce aux infrastructures mises en place par le projet WACA, nos villages sont enfin protégés des marées dévastatrices. Les épis ont non seulement sauvé nos maisons, mais aussi préservé nos moyens de subsistance en protégeant nos côtes. C’est un véritable exploit pour notre communauté, et nous sommes profondément reconnaissants. »

Du côté du Togo, Togbui Dolayi Doevi, gardien des us et coutumes de Doèvi Kopé, voit dans le projet WACA une solution encourageante : « Les efforts réalisés à Agbodrafo nous donnent de l’espoir. La protection côtière et les initiatives de rechargement en sable montrent que nous pouvons lutter efficacement contre l’érosion », déclare-t-il.

Il souligne que l’exemple d’Agbodrafo est un modèle à suivre pour les autres villages affectés : « Si nous pouvons obtenir des soutiens similaires, nous pourrons également protéger nos terres et reconstruire nos communautés. »

Toutefois, la situation à Lomé reste tout aussi préoccupante. Des centaines de personnes ont été déplacées en raison de l’érosion côtière, perdant leurs maisons et leurs sources de revenus. Cette situation entraîne des perturbations significatives dans les dynamiques communautaires, créant des tensions sociales et des difficultés d’accès à l’éducation et aux services de santé. Les communautés réinstallées se retrouvent souvent dans des conditions de vie précaires, exacerbant les inégalités et les difficultés économiques. Les témoignages de ces communautés révèlent des défis accrus en matière de logement, d’accès à l’eau potable et de services de base.

Reboisement des mangroves dans la commune des Lacs

Face à ces défis, le projet WACA a mis en place des initiatives cruciales pour atténuer les impacts de l’érosion côtière. Les efforts de reforestation des mangroves, couvrant plus de 1 000 hectares, ont été particulièrement salués.

À Grand-Popo, les habitants ont remarqué une stabilisation progressive des sols côtiers et une légère amélioration des conditions de vie. Les pêcheurs ont commencé à observer un retour lent mais encourageant de certaines espèces maritimes, grâce à la restauration des habitats naturels. Les agriculteurs, bien que confrontés à des défis persistants, bénéficient d’une réduction de la salinisation des sols dans certaines zones grâce aux projets de reforestation.

De même, la construction de brise-lames et de digues a apporté des améliorations notables. Les communautés côtières de Lomé ont constaté une réduction de l’érosion dans les zones protégées, ce qui a contribué à sécuriser les infrastructures essentielles et à améliorer les conditions de vie. Les témoignages des résidents soulignent une diminution des déplacements forcés et une meilleure protection des terres agricoles contre la salinisation. Les formations dispensées aux communautés ont également été très appréciées, permettant aux habitants de mieux comprendre les risques liés à l’érosion et de gérer efficacement les nouvelles infrastructures mises en place.

Bien que les défis posés par l’érosion côtière demeurent importants, les initiatives du projet WACA produisent déjà des effets positifs tangibles. Les témoignages des habitants au Bénin et au Togo illustrent les améliorations apportées, offrant un espoir pour une résilience accrue des communautés côtières face aux défis environnementaux.

Recommandations pour améliorer le projet Waca

Pour renforcer l’efficacité du projet Waca, il est crucial que les gouvernements locaux améliorent les politiques et les réglementations relatives à la gestion côtière. Cela inclut l’adoption de lois plus strictes contre l’extraction illégale de sable et l’urbanisation non contrôlée des littoraux. De plus, la multiplication de la mise en œuvre de plans d’adaptation au changement climatique, tels que la restauration des mangroves et la protection des habitats naturels, est essentielle.

Vue d’une partie de la côte togolaise

Les organisations internationales peuvent jouer un rôle clé en renforçant la coopération régionale et en augmentant le soutien financier. Cela pourrait se traduire par des investissements accrus dans les infrastructures de protection côtière et le financement de projets de recherche pour mieux comprendre les dynamiques de l’érosion. En 2021, par exemple, la Banque mondiale a alloué 210 millions de dollars pour soutenir les initiatives Waca dans six pays d’Afrique de l’Ouest.

Il est essentiel d’impliquer les communautés locales et les acteurs privés dans la prise de décision pour garantir la durabilité des interventions. La sensibilisation des populations à travers des campagnes éducatives et la promotion de pratiques respectueuses de l’environnement peuvent renforcer la résilience communautaire. De plus, des partenariats public-privé peuvent encourager des investissements dans des solutions innovantes, telles que des technologies de construction résilientes aux climats et des projets écotouristiques qui valorisent les écosystèmes côtiers. La gestion de l’érosion côtière doit inclure une dimension de justice climatique, car les communautés les plus vulnérables sont souvent les plus impactées. Il est crucial de repenser les approches pour garantir une distribution équitable des ressources et des protections. Il est urgent d’agir pour renforcer les mesures de protection des côtes et soutenir les populations vulnérables. Les gouvernements, les organisations internationales et les citoyens doivent collaborer pour mettre en œuvre des solutions durables et inclusives. Les actions immédiates et concertées sont essentielles pour prévenir des pertes irréversibles.

Annexes

  • Données et sources (Statistiques détaillées et illustration des données)

Le nuage de points de la figure 1 visualise les termes clés liés à l’érosion côtière en Afrique de l’Ouest, principalement au Bénin et au Togo. Les termes fréquemment mentionnés, comme « Érosion côtière », « Bénin », « Togo », et « Littoral », apparaissent en plus grand et plus intense, indiquant leur importance. D’autres termes comme « Déplacements », « Infrastructures », et « Pêcheurs » illustrent les impacts sociaux et économiques, tandis que « Protection » et « Waca » soulignent les efforts d’atténuation.

Il convient de dire que l’érosion côtière au Bénin et au Togo est une menace multidimensionnelle qui affecte non seulement l’environnement mais aussi la stabilité socio-économique des communautés locales. Les pertes de terres agricoles, de logements et d’infrastructures entraînent des déplacements internes, mettant en péril la sécurité et les moyens de subsistance de milliers de personnes. Les efforts de protection et d’intervention, tels que ceux menés par le programme Waca, sont cruciaux pour atténuer ces impacts. Cependant, une réponse plus inclusive et durable est nécessaire, impliquant les gouvernements, les communautés locales et la communauté internationale pour protéger les ressources naturelles et assurer un avenir stable et prospère aux populations sous menaces.

Cette enquête conjointe a été réalisée avec l’appui  du Réseau des Journalistes Scientifiques d’Afrique Francophone (RJSAF) dans le cadre de  la bourse de la Conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones

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