En pleine COP30, le Togo affiche clairement ses ambitions en matière de gouvernance climatique. Le pays a récemment fait un pas décisif avec l’adoption d’une loi dédiée spécifiquement à la lutte contre les changements climatiques, votée à l’unanimité des députés togolais le 20 mars 2025.
Ce texte établit un cadre juridique et institutionnel pour un développement résilient au climat, faiblement carboné, et vise à renforcer l’adaptation et l’atténuation des impacts environnementaux sur l’ensemble du territoire.
En marge des négociations à Belém, nous avons rencontré N’Ladon Nadjo, député togolais et président de la commission de l’environnement et des changements climatiques , engagé dans les débats internationaux et acteur clé de ce virage stratégique.
« Avoir une organisation structurelle bien encadrée, ainsi qu’une coopération solide entre les acteurs nationaux et les agences spécialisées, est indispensable pour gérer efficacement la problématique climatique au Togo », explique-t-il.
Selon lui, la phase actuelle est déterminante : il s’agit de rendre pleinement opérationnelles les nouvelles institutions prévues par la loi, pour accompagner les territoires les plus vulnérables.
Le Togo fait face à une multiplication des aléas climatiques : avancée de la mer sur son littoral, inondations récurrentes dans les zones urbaines, sécheresses qui fragilisent la sécurité alimentaire… « Les agences opérationnelles sont en cours de création et elles commencent déjà à s’impliquer dans la lutte contre les changements climatiques. Cela représente un tournant majeur », se félicite le parlementaire.
Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans la continuité d’un cadre plus général établi par la loi-cadre sur l’environnement adoptée en 2008, mais apporte désormais une réponse spécifiquement dédiée au réchauffement climatique, à ses menaces et aux impératifs de transition écologique.
À la COP30, où les discussions sur le financement climatique sont particulièrement tendues, le Togo plaide pour plus de justice et de solidarité internationale envers les pays les plus vulnérables. « Aujourd’hui, les générations actuelles et futures seront directement touchées par les impacts du climat. Nous devons agir avec détermination, et la COP30 doit permettre d’accélérer les soutiens et les moyens », insiste le député.
Portée par une volonté politique renforcée, la mise en œuvre de la loi devra mobiliser toutes les forces vives : institutions, autorités locales, société civile, communautés, secteur privé… « Ce combat est collectif. À Belém, le Togo fait entendre sa voix, une voix tournée vers la résilience, la responsabilité et l’avenir », conclut-il.
Par Hector NAMMANGUE depuis Belém (Brésil) pour Vert-Togo





