Les sachets plastiques continuent de polluer les zones côtières du Togo, notamment dans le port de pêche de Lomé, malgré les nombreuses initiatives de sensibilisation des acteurs du secteur de la pêche. Ces déchets ont un impact direct sur l’environnement marin et sur la durabilité des activités de pêche, un secteur essentiel pour l’économie du pays. C’est autour de cette problématique que nous avons interrogé Abdou-Derman ADAM MOUHAMADOU, ex secrétaire général du syndicat national des pêcheurs du Togo.
« Les déchets plastiques sont un véritable fléau, et nous en sommes conscients », confie-t-il. Selon lui, bien que des efforts de sensibilisation aient été menés auprès des pêcheurs, l’usage des sachets plastiques persiste, en particulier lors des sorties en mer. « Nous avons conseillé à nos collègues d’installer de petites poubelles à bord de leurs pirogues pour y déposer les sachets vides après avoir pris de l’eau. Mais malheureusement, ce comportement n’est pas encore systématiquement respecté », déplore Abdou-Derman.
Cette négligence a des conséquences graves. Les déchets plastiques s’accumulent dans les zones où les poissons devraient se reproduire, réduisant ainsi l’espace disponible pour cette activité vitale. « Cela impacte la reproduction des poissons et perturbe leur déplacement dans l’eau. L’eau est leur habitat naturel, mais les déchets plastiques gênent leur liberté de mouvement », explique-t-il.
L’un des pires effets de cette pollution est que les déchets plastiques se retrouvent dans les prises des pêcheurs. « Lorsque nous jetons nos filets en mer, c’est souvent ces déchets qui se retrouvent dans nos prises. Ce n’est pas acceptable », déclare le secrétaire général. Il appelle les autorités compétentes à prendre des mesures plus strictes contre la pollution plastique, soulignant qu’il existe des sociétés chargées de l’évacuation des déchets. « Nous avons abordé ce problème à plusieurs reprises, mais il est crucial que les ministères de l’Environnement, de l’Agriculture et de la Pêche collaborent avec les entreprises spécialisées pour trouver une solution», insiste-t-il.
Cependant, l’effort de sensibilisation reste primordial, même au sein de la profession. « Nous continuons à sensibiliser les pêcheurs et les transformatrices. Une prise de conscience est en train de se faire », affirme Abdou-Derman ADAM MOUHAMADOU. Selon lui, les pêcheurs ont désormais compris qu’ils sont eux-mêmes responsables de la gestion des déchets plastiques et que c’est à eux de changer les comportements. Les femmes transformatrices de poissons, qui jouent un rôle clé dans l’économie de la pêche, sont également engagées dans ce processus.
« Autrefois, la mer était vue comme une décharge, mais aujourd’hui, ce n’est plus acceptable », déclare le secrétaire général. Il souligne que chacun doit prendre conscience de la situation, à la fois dans les communautés de pêche et dans la société en général. « Même chez nous, à la maison, nous devons gérer les eaux usées et les déchets correctement. Il est grand temps d’agir pour préserver notre environnement », conclut Abdou-Derman ADAM MOUHAMADOU. Ainsi, la lutte contre la pollution plastique au port de pêche ne peut être gagnée qu’avec une collaboration renforcée entre les pêcheurs, les autorités et la population.





