Alerter sur les risques liés aux pesticides chez les maraîchers du littoral

En mission auprès des producteurs maraîchers de la commune du Golfe 1, au sud du Togo, Guenou Tsoekem, ingénieur agronome et spécialiste des questions environnementales et agroécologiques, a conduit une action de suivi post-crise.

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Au cours de cette tournée, une scène préoccupante a mis en lumière un problème persistant de sécurité sanitaire dans le secteur : « J’ai surpris un producteur en pleine opération de pulvérisation de produits phytosanitaires, sans aucune protection corporelle. Ni masque, ni combinaison, ni bottes. Une situation à haut risque, malheureusement fréquente sur nos sites agricoles. »

Cette exposition directe à des produits chimiques classés toxiques, irritants ou cancérogènes représente une menace grave pour la santé des agriculteurs, pouvant entraîner des troubles neurologiques, des affections respiratoires chroniques, des atteintes cutanées, et à long terme, des cancers ou troubles hormonaux.

Guenou Tsoekem, ingénieur agronome

Face à ce constat alarmant, Guenou Tsoekem lance un appel solennel à l’ensemble des producteurs agricoles : « Il est impératif de systématiser le port d’équipements de protection individuelle (EPI) , masque filtrant, combinaison étanche, gants, bottes lors de toute manipulation ou pulvérisation de pesticides. Ces substances ne sont pas anodines. Elles peuvent empoisonner lentement et silencieusement. »

L’alerte survient dans un contexte où les efforts de transition agroécologique se multiplient. Guenou Tsoekem salue d’ailleurs les avancées observées dans la commune du Golfe 1, où plusieurs groupements mettent en œuvre des alternatives biologiques, pratiquent le compostage, diversifient les cultures et réduisent progressivement les intrants chimiques.

 « Nous devons saluer les efforts mais aussi renforcer l’encadrement, car sans formation ni protection, les gains agroécologiques restent fragiles et les risques sanitaires trop élevés. »

Cette situation illustre un paradoxe fréquent dans les zones périurbaines : la coexistence d’innovations agroécologiques et de pratiques agricoles dangereuses, souvent liées à un manque d’équipements, d’encadrement technique ou d’accès à l’information.

Pour Guenou Tsoekem, il devient urgent d’institutionnaliser des protocoles de biosécurité agricole, de renforcer les campagnes de sensibilisation sur les risques chimiques, et de favoriser l’accès aux équipements de protection pour les petits producteurs, souvent exclus des circuits de distribution spécialisés. « Une agriculture saine commence par des agriculteurs en bonne santé. Il ne peut y avoir de durabilité sans sécurité. »

 

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