Dans une interview exclusive accordée à nos confrères de Togo Scoop, le Général Béréna Gnakoudè, Directeur Général de l’Agence Nationale d’Assainissement et de Salubrité Publique (ANASAP), est revenu sur les défis de la gestion des déchets à Lomé et les leçons à tirer du récent classement des villes africaines les plus propres.
Alors que Jeune Afrique Intelligent a récemment publié un classement des villes les plus propres d’Afrique, avec Cotonou en tête, le Général Gnakoudè félicite la capitale béninoise. Cependant, il considère ce classement comme une interpellation pour les acteurs de l’assainissement et de la salubrité à Lomé. « Ce classement interpelle les acteurs togolais impliqués dans l’assainissement du Grand Lomé à redoubler d’efforts pour espérer que Lomé soit à son tour dans le peloton de tête », a-t-il déclaré.
Une clarification sur les dotations financières
Face aux spéculations sur les ressources financières de l’ANASAP, le Général a tenu à clarifier : l’Agence est financée par deux sources principales. D’une part, un transfert annuel de l’État pour son budget de fonctionnement, et d’autre part, une contribution fiscale collectée par l’Office Togolais des Recettes (OTR), qui oscille entre 1,1 et 1,2 milliard de FCFA par an. Ces fonds servent principalement à transporter les déchets des six communes des préfectures d’Agoè et Golfe 7 vers le centre d’enfouissement technique d’Aképé.
Il a également expliqué le fonctionnement du système de gestion des déchets à Lomé : « Les 13 communes du Grand Lomé sont responsables de la collecte des déchets ménagers vers des centres de transit. De là, l’ANASAP assure le transport vers la décharge finale par le biais d’entreprises sélectionnées par appels d’offres. »
Le Général Béréna Gnakoudè a salué le modèle béninois, notamment la création de la Société de Gestion des Déchets et de la Salubrité du Grand Nokoué (SGDS-GN), qui centralise l’ensemble des activités liées à la salubrité. À Cotonou, cette structure unique gère le ramassage des ordures, le balayage des rues et l’installation de poubelles publiques.
En revanche, au Togo, la décentralisation mise en œuvre en 2019 a fragmenté les responsabilités. « Avant la décentralisation, l’ANASAP gérait seule la salubrité avec l’ancienne délégation spéciale. Désormais, les communes, en vertu de la loi sur la décentralisation, sont les premiers acteurs. L’ANASAP intervient uniquement en appui, et ce, à leur demande », a-t-il précisé.
Pour espérer hisser Lomé parmi les villes les plus propres du continent, le Général Gnakoudè appelle à une synergie accrue entre les différents acteurs et à une optimisation des moyens alloués. La comparaison avec Cotonou révèle l’importance d’une gestion centralisée et structurée pour améliorer l’efficacité des services de salubrité.
La balle est désormais dans le camp des acteurs de l’assainissement et des autorités communales pour relever ce défi et offrir à Lomé un environnement propre et sain.





