À Pagala, les drones permettent de mieux mesurer la déforestation

Face aux effets croissants du changement climatique au Togo, notamment les inondations, la dégradation des forêts et la perte de biodiversité, les nouvelles technologies offrent de nouvelles possibilités pour mieux comprendre les territoires et orienter les actions.

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Parmi les jeunes qui explorent ces solutions, LAOUWAYI Pakiwè mise sur l’utilisation des drones et des données géospatiales pour apporter des réponses concrètes aux défis environnementaux.

Son approche repose sur un principe simple : mieux voir pour mieux agir. Grâce aux drones, il devient possible de collecter rapidement des données précises sur l’état des écosystèmes, d’identifier les zones dégradées et d’aider les acteurs à mieux planifier leurs interventions.

Des drones au service de la résilience climatique

Pour Pakiwè LAOUWAYI, coordonnateur de Togo Flying Lab, la technologie ne doit toutefois pas être considérée comme une finalité. « La technologie n’est pas une finalité en soi. C’est un outil au service de la résilience climatique », explique-t-il.

Selon lui, les drones peuvent notamment être mobilisés lors d’inondations pour collecter rapidement des informations, cartographier les zones touchées et aider les équipes de secours à mieux orienter leurs interventions. Ils permettent également de produire des données utiles à la surveillance des forêts et à l’anticipation de la déforestation.

LAOUWAYI Pakiwè et son équipe sur le terrain

Ces informations peuvent ensuite servir à produire des modèles numériques de terrain et de surface, afin notamment de mieux comprendre les pentes et les axes d’écoulement des eaux. Une contribution qui peut améliorer la planification face aux risques climatiques.

44 hectares cartographiés en une journée

Une expérience menée dans la forêt classée de Mont-Balame, à Pagala dans la région Centrale, illustre concrètement cette approche.

L’initiative, portée par Togo Flying Lab avec le soutien de son partenaire international WeRobotics, avait pour objectif d’identifier avec précision les zones les plus touchées par la déforestation.

À l’aide de drones, l’équipe a pu cartographier 44 hectares de forêt en une seule journée. Les données collectées ont ensuite été traitées avec le logiciel de système d’information géographique QGIS, permettant de numériser les espaces et de mesurer les superficies affectées.

Les résultats ont permis d’identifier 10 hectares déboisés sur les 44 hectares cartographiés.

Des données pour passer à l’action

L’intérêt de cette initiative ne s’est pas limité à établir un état des lieux. Les données produites ont permis aux acteurs impliqués de mieux planifier les actions de restauration en fonction des moyens disponibles.

Sur les 10 hectares identifiés comme déboisés, 3 hectares ont ainsi pu faire l’objet d’actions de restauration. L’équipe a également planifié la mise en terre de 1 622 plants, notamment des kayas et des mélinas.

« Les informations que nous avons obtenues nous ont permis de planifier les actions en fonction des moyens dont nous disposions », souligne t-il.

De l’observation à la décision

Pour le coordonnateur de Togo Flying Lab, l’expérience a également permis d’aller au-delà de la seule restauration forestière.

« Cela nous a permis d’avoir une meilleure connaissance du territoire, de mobiliser les jeunes et les femmes et de faire de la sensibilisation sur les pratiques permettant de lutter contre les changements climatiques », indique-t-il.

Cette expérience montre surtout ce que les jeunes acteurs de la technologie peuvent apporter à la lutte contre les changements climatiques. Là où les interventions peuvent parfois reposer sur des observations ponctuelles, l’utilisation des drones permet de disposer de données précises, géolocalisées et exploitables pour guider les décisions.

À travers ces solutions, LAOUWAYI Pakiwè et les acteurs de Togo Flying Lab entendent ainsi contribuer à changer la manière d’appréhender les défis environnementaux : observer plus rapidement, mesurer avec davantage de précision et utiliser les données pour orienter les actions de restauration et de résilience climatique.

Par Hector Sann’do NAMMANGUE

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