À Notsè, l’IPDCP questionne sécurité et durabilité du numérique

À l’issue de la formation des professionnels des médias organisée à Notsè, le mercredi 23 février 2025, par l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) sur la protection des données à caractère personnel, une réflexion élargie s’est ouverte sur les interactions entre numérique, sécurité et développement durable.

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Si les échanges ont principalement porté sur les obligations légales, les régimes d’autorisation et les droits des citoyens en matière de données personnelles, ils ont également permis d’aborder des questions émergentes, notamment celles liées aux impacts environnementaux du numérique.

Concilier impératifs sécuritaires et libertés fondamentales

Intervenant sur l’utilisation des outils digitaux dans la collecte d’informations aux frontières, Awui Talla Hervé Conseiller Technique à l’IPDCP a rappelé que le recours à la biométrie dans les aéroports et aux postes frontaliers répond à des impératifs légitimes de sécurité nationale.

Cependant, ces dispositifs impliquent le traitement de données sensibles, soumises en principe à un régime d’autorisation. Lorsque la sécurité de l’État et l’intérêt général sont en jeu, le traitement relève plutôt d’un régime de demande d’avis auprès de l’IPDCP.

Dans ce cadre, l’institution examine la finalité, la proportionnalité et les garanties encadrant le traitement afin d’assurer un équilibre entre protection de la vie privée et exigences sécuritaires. Une approche qui met en lumière la nécessité d’une gouvernance responsable du numérique.

Numérique et climat : un angle encore peu exploré

Si l’IPDCP n’a pas encore officiellement intégré la dimension environnementale dans ses travaux, la question a néanmoins été évoquée lors des échanges avec les journalistes.

Car derrière la protection des données se cache un autre enjeu : celui de l’empreinte énergétique du numérique. L’hébergement des données, le fonctionnement des serveurs, la multiplication des infrastructures digitales entraînent une consommation croissante d’énergie, avec des implications climatiques réelles.

Les Journalistes groupés

Dans un pays comme le Togo, engagé dans une dynamique de transition énergétique et de résilience climatique, la gouvernance des données ne peut être dissociée des enjeux de sobriété numérique et d’efficacité énergétique.

La formation de Notsè a ainsi rappelé le rôle stratégique des médias : documenter, questionner et analyser non seulement les enjeux juridiques et sécuritaires liés aux données personnelles, mais aussi leurs impacts sociaux et environnementaux.

Alors que les débats sur le climat, la transition énergétique et la souveraineté numérique s’intensifient, l’articulation entre protection des données, sécurité et durabilité pourrait devenir un nouveau champ d’investigation pour les journalistes environnementaux.

Un rendez-vous est d’ailleurs annoncé le 25 mars 2025 pour approfondir ces réflexions, avec l’ambition d’ouvrir un dialogue plus large sur la gouvernance responsable du numérique au Togo.

Par Hector NAMMANGUE de retour de Notsè pour Vert-Togo

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