À Djagblé, l’ONG SALUT forme 100 productrices de riz aux engrais bio pour une agriculture durable

À travers un projet de «Renforcement des droits, des capacités de résilience et promotion de systèmes agricoles durables dans les communautés du bassin versant de Zio », avec l’appui de l’ONG Action Solidarité Tiers Monde(Astm), l’ONG Solidarité en Action pour la Lutte contre la Pauvreté (SALUT) accompagne plus de 100 femmes agricultrices de Djagblé dans la fabrication d’intrants bio5logiques, notamment le Bokashi, le super Magro solide, liquide, apichi. Une initiative qui mise sur l’autonomie locale, la protection de l’environnement et l’amélioration des rendements agricoles.

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Ces femmes, installées à environ 13 km de Lomé, sont principalement engagées dans la riziculture et le maraîchage. Elles bénéficient d’une formation sur la fabrication de bio-intrants agricoles comme le Bokashi, un fertilisant organique d’origine japonaise.

« Ce projet vise à vulgariser les bonnes pratiques agricoles, à la fois respectueuses de l’environnement et protectrices de la santé des agriculteurs et des consommateurs », explique à Vert-Togo M. Issifou Tamawoe Zimare, ingénieur agronome et chargé du volet Agriculture durable et Environnement à SALUT.

La formation intervient dans un contexte où l’accès aux intrants biologiques reste limité. Beaucoup de producteurs n’en connaissent ni les recettes ni les bénéfices.

Vue partielle des femmes productrices lors de la formation

À Djagblé, l’accent est mis sur l’autonomie des femmes à travers l’apprentissage de méthodes de fabrication d’intrants accessibles, à base de matières locales telles que les balles de riz, la bouse de vache, la cendre ou encore le jus de canne à sucre.

« Nous avons déjà mené des essais concluants avec la coopérative Divine de Djagblé sur l’utilisation du Bokashi en riziculture. Les résultats ont été très satisfaisants », ajoute M. Issifou.

Une multiplication des rendements agricoles grâce au Bokashi

Agou Hélène, formatrice, productrice de riz et membre de la coopérative Divine, n’est pas à sa première formation. Cette femme d’une cinquantaine d’années affiche un sourire confiant : « J’avais appris à faire le Bokashi avec l’ONG SALUT l’année passée, et je l’ai utilisé sur une partie de ma rizière. Les résultats m’ont surprise : le riz a mieux poussé et j’ai récolté plus que les années précédentes, même sans utiliser d’engrais chimiques. »

Forte de cette expérience, Hélène n’hésite pas à jouer un rôle de relais communautaire : « Cette année, je suis revenue pour approfondir mes connaissances et aider les autres femmes à comprendre l’importance de cette technique. Je vais restituer ce que j’ai appris dans mon groupement. »

Même son de cloche chez Ezian Kokou Félix, producteur à Djagblé, qui affirme que cet engrais bio a contribué à restaurer des terres agricoles dégradées dans la localité.

Préparation du bokashi

Pour cet homme originaire de la plaine de Djagblé, « le Bokashi n’a aucun impact sanitaire et constitue une alternative sûre pour promouvoir l’agroécologie. »

« Ce que nous voulons maintenant, c’est que chaque femme formée devienne une ambassadrice de la pratique au sein de son groupe », précise à nouveau M. Issifou Tamawoe Zimare.

Une réponse locale aux défis climatiques et sanitaires

L’un des avantages majeurs du Bokashi est sa rapidité de fabrication : deux semaines suffisent, contre plusieurs mois pour un compost classique. La méthode est adaptable, peu coûteuse, et constitue une réponse efficace aux enjeux du changement climatique et à la dégradation des sols.

Fabrication de la cendre

L’ONG SALUT prévoit également un plan de suivi afin d’assurer la restitution de ces savoirs dans les communautés, au-delà des seules coopératives directement impliquées.

Face aux défis sanitaires et environnementaux croissants, l’ONG appelle à une mobilisation collective : des politiques publiques en faveur de l’agroécologie, des changements d’habitudes de consommation, et un engagement plus poussé des producteurs.

« Chacun a un rôle à jouer dans cette transition, des autorités aux consommateurs. En soutenant les produits agroécologiques, nous encourageons les producteurs à adopter des pratiques durables. Il en va de la santé de tous et de l’avenir de nos ressources naturelles », conclut M. Issifou.

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