En marge de la COP30 sur le climat, plusieurs organisations de la société civile venues d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie et d’Europe se sont réunies ce samedi 8 novembre à Belém au Brésil pour exprimer leur opposition au Fonds pour les Forêts Tropicales pour Toujours (TFFF), annoncé par la présidence de la Conférence.
Regroupées au sein de la Coalition Mondiale des Forêts (GFC), ces organisations et leurs alliées ont publié une déclaration commune dénonçant un mécanisme jugé dangereux, inéquitable et déconnecté des réalités des peuples forestiers.
Un fonds qui “marchandiserait” la nature
Selon la déclaration, le TFFF repose sur une vision erronée de la protection des forêts. Il considère la déforestation comme une simple défaillance du marché que l’on pourrait résoudre en mettant un prix sur les services écosystémiques pour attirer les capitaux privés.
Mais pour la société civile, cette approche poursuit la financiarisation de la nature et reproduit les logiques capitalistes responsables de la crise écologique mondiale.
« L’effondrement écologique causé par le capitalisme ne peut pas être réglé par plus de capitalisme », souligne la déclaration. « Le TFFF ne reconnaît pas les forêts comme des systèmes vivants, dotés de droits fondamentaux à la vie, à la régénération et à l’intégrité écologique », peut-on y lire encore.
La voix de la société civile Togolaise à Belém
Présent à Belém, Kwami Kpondzo, directeur exécutif du Centre pour la Justice Environnementale (CJE-Togo), a représenté son organisation, membre de la Coalition Mondiale des Forêts. Pour lui, ce fonds constitue une fausse solution qui détourne les États de la nécessité d’agir sur les causes structurelles de la déforestation.
Une coalition mondiale pour les droits de la nature
La Coalition Mondiale des Forêts et ses partenaires appellent à la création de mécanismes alternatifs fondés sur la justice environnementale, la souveraineté des peuples forestiers et la reconnaissance juridique des forêts et rivières comme sujets de droits.
Ces organisations plaident pour des gouvernances inclusives, où les communautés locales et les peuples autochtones disposent d’un véritable pouvoir décisionnel dans les politiques forestières.
« Nous disons non au TFFF, mais oui à la justice climatique, oui à la vie et aux droits des forêts », a conclu Kwami Kpondzo.
Notons que le Fonds pour les Forêts Tropicales pour Toujours (TFFF), annoncé à la COP30, ambitionne de mobiliser 125 milliards de dollars de prêts sur les marchés financiers pour financer la protection des forêts tropicales à hauteur de 4 dollars par hectare.
Mais pour la société civile, ce modèle risque de priver les communautés locales de contrôle, tout en plaçant la nature dans les mains des investisseurs privés.
Une mobilisation qui s’amplifie
La déclaration « NO to TFFF, YES to Forest Rights » a été signée par plus de 160 organisations à travers le monde, unies pour refuser la marchandisation de la nature et revendiquer des politiques publiques équitables et décoloniales en matière de protection des forêts.
La COP30, accueillie à Belém, en Amazonie brésilienne, devient ainsi le théâtre d’un affrontement idéologique majeur : entre ceux qui veulent financer la nature comme un actif économique, et ceux qui revendiquent une écologie fondée sur les droits, la justice et la vie.
Par Hector NAMMANGUE depuis Belém (Brésil) pour Vert-Togo





