Le Togo a célébré la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone mardi 16 septembre au Centre d’excellence régional sur les sciences aviaires de l’Université de Lomé (CERSA). Placée sous le thème « Action mondiale pour une planète fraîche », la journée a surtout mis en lumière un métier discret mais essentiel dans cette transition : celui des frigoristes.
Une couche fragile, une réglementation qui évolue
La couche d’ozone protège la Terre des rayons ultraviolets, dangereux pour la santé et l’environnement. Depuis 1993, le Togo est engagé dans les principaux accords internationaux destinés à sa protection, notamment la Convention de Vienne et le Protocole de Montréal.
En 2018, le pays a également adhéré à l’Amendement de Kigali, qui prévoit la réduction progressive des HFC, des gaz qui n’endommagent pas directement la couche d’ozone, mais contribuent au réchauffement climatique.
Deux textes nationaux, adoptés en 2015 et 2020, encadrent aujourd’hui l’utilisation de ces substances. Selon Assimti-Tchao Bidenam épouse Awate, coordonnatrice du Bureau national ozone, cette politique est mise en œuvre avec plusieurs ministères réunis au sein d’un comité national. Elle rappelle que la protection de la couche d’ozone ne relève pas uniquement de l’État, mais constitue également une responsabilité collective.
Sur le terrain, les frigoristes s’adaptent
Cette transition se traduit directement dans les ateliers. Richarde Shammah Ebou, frigoriste, explique avoir cessé d’utiliser le R22, ou chlorodifluorométhane, au profit notamment du R290 et du R134a. Ces alternatives ne sont pas toutes équivalentes en matière d’impact climatique, mais elles font partie des solutions actuellement utilisées dans la transition du secteur.
Pour accompagner les professionnels, des formations sont également mises en place. Folly Kotogbe Henri, ingénieur formateur au CFMI, explique que les techniciens apprennent notamment à manipuler en toute sécurité des fluides comme le R32 et le R600a, plus inflammables que certains réfrigérants traditionnellement utilisés.
Pour Eric Dehoué, président de l’Association des frigoristes du Togo (AFRITO), la formation et la certification constituent aussi un enjeu de reconnaissance professionnelle. Un frigoriste mieux formé peut ainsi contribuer à protéger à la fois les utilisateurs, les équipements et l’environnement.
La journée s’est achevée dans une ambiance plus conviviale avec un match de football amical entre l’AFRITO et le ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique (MERFPCCC). Une manière de prolonger sur le terrain une collaboration qui se construit avant tout dans les ateliers, la réglementation et la formation.
Par Emile AZIAMBLE





