CJE en première ligne contre la privatisation de l’eau pour une résilience climatique

Le Centre pour la Justice environnementale (CJE) a organisé, ce mardi 14 octobre 2025 à Kpémé, une séance de sensibilisation sur les enjeux liés à la privatisation de l’eau, ainsi qu’aux bonnes pratiques de pêche.

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L’activité, qui a réuni des pêcheurs et transformatrices de poissons de la zone côtière, s’inscrit dans le cadre de la cinquième Journée africaine d’action contre la privatisation de l’eau placée sous le thème: « L’eau publique pour une résilience climatique ».

Selon Kwami Kpondzo, Directeur exécutif du CJE, la privatisation de l’eau constitue une menace réelle pour l’accès équitable à cette ressource vitale et pour sa gestion durable.

« La privatisation de l’eau est un défi majeur pour les communautés, aussi bien en milieu urbain que rural. Tous les ménages n’ont pas la possibilité de s’approvisionner en eau commercialisée, ce qui limite leur accès à une ressource pourtant essentielle à la vie », a-t-il indiqué.

La privatisation transforme progressivement un bien commun en produit marchand, au détriment des populations les plus vulnérables. Avec la gestion privée de l’eau, on assiste à une hausse des tarifs, une réduction des points d’accès public et parfois à une marginalisation accrue des communautés rurales. « Nous devons préserver la gestion publique et communautaire de l’eau, car c’est la seule manière d’assurer une répartition équitable et durable de cette ressource » , a souligné Kwami Kpondzo.

Vue d’ensemble

La gestion de l’eau devient de plus en plus préoccupante avec les effets du changement climatique. La hausse des températures modifie le régime des précipitations et perturbe le cycle naturel de l’eau, tandis que les besoins en approvisionnement ne cessent d’augmenter.

« Il est crucial de lutter contre les effets du changement climatique afin de garantir la disponibilité de l’eau, non seulement pour les humains, mais aussi pour les animaux et la végétation », a-t-il insisté. Les organisateurs ont également évoqué la pollution de l’eau, aggravée par le rejet des déchets domestiques et industriels. Ces pollutions ont un impact direct sur la qualité de l’eau et sur les ressources halieutiques dont dépendent les pêcheurs.

Les participants ont ainsi été exhorté à adopter de meilleures pratiques de gestion des déchets et à porter un plaidoyer fort auprès des autorités pour une politique nationale de l’eau qui tienne compte de la justice environnementale et climatique.

Venus des communautés de Goumoukopé, Aného, Kpémé, Adissenou et Doevikopé, les communautés côtières ont salué cette initiative.

Kankue Nowodjro, pêcheur à Koumakopé

« En tant que pêcheurs, nos revenus dépendent de l’eau. Cette séance nous a permis d’être mieux outillés sur la manière de gérer l’eau et les déchets pour éviter qu’ils se retrouvent dans la mer », a confié Kankue Nowodjro, pêcheur à Koumakopé.

À travers cette activité, le centre pour la Justice environnementale réaffirme son engagement pour une gouvernance communautaire et durable de l’eau en s’opposant à la marchandisation d’une ressource essentielle à la vie.

Par Akissa Yotou ASSENOUWE 

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