Une trentaine d’experts de sept pays du Sahel sont réunis à Lomé du 22 au 26 septembre 2026 pour examiner les données disponibles sur les catastrophes et renforcer les systèmes d’alerte précoce dans la région.
Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et le Tchad prennent part à cet atelier régional organisé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Centre climatique régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (CCR-AOS/AGRHYMET-CILSS), avec l’appui financier du Royaume de Suède.
La rencontre s’inscrit dans le cadre du Projet Résilience dans le Sahel, engagé depuis 2019. Depuis 2022, le projet accompagne les sept pays dans la mise en place et la consolidation de bases de données sur les catastrophes, avec un accompagnement technique et financier du PNUD et d’AGRHYMET.
Le processus a permis de rassembler plus de 400 000 données couvrant plus de 120 ans et documentant plus de 35 aléas ainsi que leurs impacts sur les populations, les activités économiques, les infrastructures, l’environnement et les écosystèmes.
Pour Datcha Bouwassi, représentant le directeur général d’AGRHYMET à l’ouverture des travaux, l’un des principaux acquis réside dans la structuration de ces informations jusque-là dispersées entre différentes institutions.

« C’est surtout la constitution d’un patrimoine de données structurées, harmonisées et exploitables qui constitue un acquis majeur pour nos institutions et qui offre une base solide pour l’analyse des risques, la planification et le renforcement de la résilience dans la région », a-t-il souligné.
Les données collectées ont permis de produire sept notes techniques nationales et une synthèse régionale. Ces documents analysent notamment les tendances des catastrophes, leur évolution dans le temps et dans l’espace ainsi que leurs conséquences sur les populations, les moyens d’existence, les infrastructures, les activités économiques et l’environnement.
L’atelier de Lomé constitue une étape de validation de ces travaux. Les participants vont examiner la qualité des données, la pertinence des méthodes utilisées, la cohérence des analyses ainsi que les conclusions et recommandations formulées.
Il s’agit également d’identifier les éventuelles insuffisances, de compléter les informations nécessaires et de convenir des amendements à intégrer dans les versions finales. « Cette rencontre de validation constitue avant tout un exercice scientifique, technique et institutionnel », a indiqué Datcha Bouwassi.
Les travaux portent également sur le développement de systèmes d’alerte précoce fondés sur les impacts. Pour les organisateurs, les données historiques sur les catastrophes, les pertes et les dommages doivent permettre de mieux relier les aléas, l’exposition, la vulnérabilité et les impacts.
L’objectif est notamment d’identifier les indicateurs d’impact pertinents, les données nécessaires, les seuils critiques et les mécanismes de partage de l’information qui pourront renforcer progressivement les systèmes d’alerte aux niveaux national et régional.
AGRHYMET dispose déjà de capacités de prévision des phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques. Mais les acteurs du projet souhaitent aller plus loin en anticipant les conséquences concrètes des événements annoncés.
« Notre ambition est donc de transformer les données en informations utiles à la décision et à l’action, afin de renforcer l’anticipation et la résilience des populations dans le Sahel », a déclaré Olivier Abayisenga, spécialiste au programme sur l’action climatique, la réduction des risques de catastrophes et la résilience, PNUD.
Pour lui, cette transformation doit également concerner les politiques publiques. « Le fait que les données existent, c’est une bonne chose, mais il faut que ces données soient utilisées pour la planification du développement, pour les investissements et pour la budgétisation », souligne-t-il.
Les travaux, prévus du 22 au 26 Septembre 2026, doivent ainsi permettre de consolider les acquis du Projet Résilience dans le Sahel et de renforcer l’utilisation des données sur les catastrophes dans l’anticipation des risques et la planification du développement.
Par Akissa Yotou-Assenouwe





