L’engagement des femmes dans la transformation du secteur agricole constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers de développement du Togo. Bien qu’elles représentent une part importante de la main-d’œuvre agricole et jouent un rôle déterminant dans la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles, les femmes rurales continuent de faire face à des contraintes liées à l’accès à la terre, au financement, aux équipements, aux technologies et aux marchés.
C’est dans cette dynamique que le gouvernement a fait de l’Année internationale des agricultrices 2026 une opportunité pour renforcer leur place dans les chaînes de valeur agricoles, améliorer leur accès aux ressources productives et valoriser leur contribution à la sécurité alimentaire ainsi qu’au développement économique du pays.
Interrogée en marge de la cérémonie de lancement, Dr Kayi Aguey-Wognon, coordonnatrice de la Cellule d’appui à l’autonomisation des femmes rurales, a expliqué que cette volonté se traduit désormais de manière concrète dans les interventions du ministère de l’Agriculture.
« Dans chacune des zones d’aménagement agricole prévues, les femmes doivent représenter environ 40 % des bénéficiaires. Dans certaines zones, leur proportion est même supérieure », a-t-elle indiqué.
Selon elle, cette approche est désormais intégrée dans l’ensemble des projets mis en œuvre par le département ministériel. « Aujourd’hui, chaque projet mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture cible au moins 40 à 50 % de femmes », a-t-elle précisé.
Pour la responsable, cette orientation répond à une vision plus globale visant à faire des femmes de véritables actrices de la transformation agricole. En renforçant leur accès aux ressources productives et aux opportunités économiques, le ministère entend également accroître la résilience du secteur face aux défis du changement climatique, de la dégradation des terres et de l’insécurité alimentaire.
Afin de mieux mesurer les progrès accomplis, le ministère élabore régulièrement la Revue nationale du secteur agricole, un document de référence qui comporte une section consacrée à la participation des femmes dans les différentes filières agricoles.
« Les résultats de cette revue seront disponibles très prochainement et permettront de disposer de données précises sur la place des femmes dans les différents secteurs », a ajouté Dr Kayi Aguey-Wognon.
Au-delà de la célébration de l’Année internationale des agricultrices, cette démarche traduit la volonté des autorités togolaises d’inscrire durablement l’autonomisation des femmes rurales au cœur des politiques agricoles. L’objectif est de bâtir des systèmes agricoles plus inclusifs, plus productifs et plus résilients, en reconnaissant le rôle essentiel que jouent les agricultrices dans la sécurité alimentaire et le développement durable du pays.





